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angell bike vélo électrique connecté
La guerre du vélo électrique connecté fait rage, avec d’un côté Vanmoof qui a pris une belle longueur d’avance avec les electrified S2 et X2 (lire mon test du X2 ici) et de l’autre Cowboy qui monte fort avec un prix accessible. Mais c’est sans compter le petit nouveau Angell, un français en précommande qui joue beaucoup sur le style mais oublie quelques fondamentaux du vélo urbain.

angell bike vélo électrique connecté
Au niveau design, le Angell est plutôt du genre réussi : des gros tubes dans une architecture classique mais avec un twist moderne… Ora Ito a rendu une copie élégante, le vélo me rappelle les Biomega danois. Et les bandes réfléchissantes sur les pneus, c’est mieux que les bêtes catadioptres fournis chez Vanmoof. Cerise sur le gâteau, Angell joue dans la catégorie poids plume des électriques avec seulement 13,9kg, aidé par une batterie de seulement 2kg vendue pour 70km… sans trop d’assistance donc. Et Angell reprend les fonctions localisation et alarme qu’on adore chez Vanmoof et qui n’existent pas chez Cowboy.
Par contre, il y a deux écueils dans son design : d’abord, la barre horizontale du cadre empêche les plus petits gabarits d’accéder au Angell. Il sera donc un concurrent du Vanmoof S2 et du Cowboy, pas du Vanmoof X2 qui est adapté à presque toutes les tailles, dommage.
Ensuite, il y a le souci de la batterie. Plutôt que de la cacher un peu dans le cadre, elle dépasse largement à l’arrière, façon porte-bagage, mais sans avoir la fonctionnalité d’un porte bagage. Elle est plutôt courte, ce qui devrait freiner les ardeurs de plaisantins voulant s’asseoir à l’arrière… Mais ça reste une fragilité structurelle, et c’est dommage. Le petit plus c’est que cette batterie amovible (bien pour ceux qui vivent en appartement) possède non seulement un éclairage, mais aussi des clignotants, ça peut servir.

Mais l’élément que je trouve surabondant dans ce design c’est l’écran au guidon. Franchement, en plus de créer un autre point de faiblesse au vélo, on peut quand même se passer d’un écran tactile sur un vélo. Ok vous avez un GPS, mais ça marche aussi avec son smartphone dans la poche et des oreillettes (ok, c’est interdit), ou avec un guidon vibrant comme chez Velco. Pour le reste, on espère que l’interface sur les photos des prototypes évoluera, parce que son look fait daté. Notez que les créateurs d’Angell annoncent que toutes nos applications préférées pourront être installées sur le vélo… Ce qui veut dire si on lit entre les lignesqu’on est sur un OS Android bien classique… Et facilement piratable?

Le dernier point qui m’a confirmé que cet Angell avait été pensé par des gens qui ne font pas de vélo (ok, j’abuse car ce sont les mêmes qui sont à l’origine du vélo Heroïn, mais l’approche du vélo pour faire du sport et celle du vélo pour remplacer la voiture en ville sont complètement différentes) est un détail : les fixations rapides qui apparaissent sur toutes les photos. C’est tout con, mais quand on a un vélo en ville, les fixations rapides sont à éviter… Là encore, l’approche de la concurrence avec des écrous antivol est plus maligne. Heureusement, de ce côté, le client pourra facilement réparer ce souci de jeunesse.

Le client pourra aussi choisir entre pas mal d’accessoires : porte bagages, différents paniers avant, et des garde boues, le tout souvent majoritairement en bois, histoire d’offrir le look métal/bois tellement fashion… En tout cas pas d’erreur à ce niveau comme Cowboy qui a mis des années à sortir des garde-boues assortis à son vélo!

Au final, Angell c’est une approche maximale du vélo, en y ajoutant plein d’éléments (fort bien intégrés heureusement), mais une approche plus sobre permet à mon avis de mieux vivre la possession d’un vélo en ville. Car avec un tel vélo, le frein à l’achat numéro 1 des vélos électriques n’est pas résolu : la peur de se le faire voler. Et dans ce contexte, plus un vélo est « show off » et plus son possesseur va craindre le vol, malgré l’alarme intégrée au Angell (en parlant d’alarme, une trouvaille sympathique sur Angell : l’alerte accident qui appelle les secours si une chute est détectée et que vous ne réagissez pas pour annuler l’appel).
Bien qu’Angell ait suivi cette approche maximaliste, il faut noter que ce vélo reste à 2690€, soit en gros le même prix de lancement que les S2 et X2 de Vanmoof, qui eux ont plutôt une approche minimaliste. On suivra donc les développements d’Angell de très près, parce qu’un frenchie qui entre dans la course du vélo connecté avec une approche sérieuse, malgré les défauts et erreurs de jeunesse évoqués ici, c’est une excellente nouvelle. Comme chez Vanmoof, c’est sûrement la V2 qui sera un must have!