[test longue durée] Un an sans essence (ou presque)


Ca fait maintenant un an que j’ai tenté l’aventure électrique en faisant tous mes déplacements quotidiens en Peugeot Ion. Il est temps de faire le point sur l’engin, et ma nouvelle vie « propre » (si on excepte les essais de GTI à 20L/100km et les voyages à grosse consommation de kérosène…)

L’engin
La Peugeot Ion, j’en étais déjà fan avant de l’acheter. Pas parce que je la trouve belle, je la trouve d’ailleurs plutôt laide. Non, parce qu’en situation de vie de tous les jours, c’est l’un des engins les plus sympathiques que j’avais pu conduire (quelques trajets Paris-banlieue à l’époque) : du tonus grâce au couple généreux du moteur électrique, un encombrement réduit permettant de se garer dans des petites places tout en profitant d’un rayon de braquage ultra-réduit et d’une place à bord généreuse (en longeur et hauteur, pas en largeur… Mais la largeur limitée sert au quotidien à se faufiller dans des passages encombrés, comme par exemple quand un camion poubelle bouche la moitié de la rue (situation qui m’est arrivée fréquemment).
En plus de tout ça, il y a le total silence de fonctionnement à basse vitesse, un plaisir énorme. Sur autoroute, c’est moins sympa, les concepteurs de la Ion ayant économisé sur les insonorisations pour réduire la masse. Mais même à 130km/h, elle reste agréable à conduire, et stable. Ce n’est qu’en cas de vent latéral que le gabarit de kei car de la Ion pose problème : sa forte prise au vent latérale et sa faible largeur obligent à bien tenir le volant! Mais rien d’affolant si vous savez conduire.

Achetée fin juillet 2012, livrée en août, j’avais peu de choix en électrique : Leaf, Ion (et son équivalente C-Zero chez Citroën, voire iMiev chez Mitsubishi, presque identique mais moins simple à conduire avec sa boîte où il faut choisir le mode de gestion du moteur), ou… Twizy (pas vraiment adapté aux hivers rigoureux alsaciens), voire Tesla Roadster (mais je n’avais pas vendu assez de drogue en 2012 pour pouvoir me la payer… Telsa reste donc dans la wishlist pour plus tard). Mais l’achat impulsif s’est fait sur le fameux destockage de Peugeot : à 10900€ la Ion, je n’ai pas hésité une seule seconde malgré son look difficile, son intérieur démoralisant et son autonomie annoncée à 130km. Mon trajet domicile-travail étant de 75km par jour environ, avec 15km d’autoroute sans bouchons, ça me paraissait jouable…

Ma vie sans essence
La vie sans essence, c’est beaucoup de joie, et finalement peu de frustrations…
Il y a déjà la joie de ne plus s’acquitter des 50€ d’essence qui partaient chaque semaine en fumée, et la joie de ne plus faire la queue aux stations service.
Ceux qui critiquent la voiture électrique parce qu’on ne peut pas faire le plein dans une station service en 3 minutes n’ont juste rien compris : il est beaucoup plus agréable de ne jamais avoir à fréquenter une station service, et pouvoir « faire le plein » dans les endroits quotidiens (mon garage pour 90% des charges, sinon la cour de mes beaux parents, ou les parkings/places publics quand un besoin de « bonus d’autonomie » se fait sentir).

Pour des déplacements plus lointains, il y a les voitures de service, ou la seconde voiture de la maison, qui restent indispensables plusieurs fois dans l’année… Parfois… Mais jamais je n’ai été « bloqué » par mon autonomie.

La mauvaise surprise, c’était surtout l’autonomie avec des pneus neige. Et oui, en hiver en Alsace, impossible de survivre en pneus été. J’ai donc investi dans les pneus neige fabriqués spécialement pour la Ion (ses roues de 15 pouces façon galette n’ont pas grand chose de standard), et quand on part avec environ 110km d’autonomie maximale, quand les températures sont négatives, l’autonomie annoncée chute parfois à seulement 90km… Autant vous dire que pour mon trajet avec un peu d’autoroute, c’était parfois un peu juste. Heureusement, les jours où c’était vraiment trop juste, j’ai pu profiter d’une prise fournie gracieusement par mon employeur…
L’autre souci de l’hiver, c’est le chauffage : autant en été, la climatisation de la Ion est assez correcte, et l’autonomie qu’elle consomme ne pose pas de souci (en général la batterie est contente quand il fait plus de 30°C et affiche les plus beaux scores d’autonomie), autant en hiver, quand l’autonomie diminue à cause du froid et des pneus neiges, le chauffage devient un luxe seulement possible pour des trajets réduits, car en plus de consommer, il n’est pas très efficace.

Pour ces problèmes climatiques, la Zoé doit faire mieux, avec sa pompe à chaleur, autrement plus économe que des résistances chauffantes… Mais ne l’ayant pas testée dans ces conditions, je ne parierai pas dessus…
Le tableau hivernal n’est tout de même pas totalement noir, les pneus « galette » de la Ion et son poids assez élevé ont un réel avantage sur la neige : on trace son sillon et on est comme sur des rails, les dérapages sont beaucoup plus rares que pour les autres voitures, chaussées plus large. C’est évidemment l’inverse en été, où l’adhérence est assez vite prise en défaut. Une façon de jouer du drit avec cette petite propulsion de poche, ou de se faire un peu peur…

Conclusion
Il y a ceux qui pensent que la voiture électrique n’est faite que pour les déplacements urbains. C’est totalement faux, et c’est même une aberration. En ville, vous avez des transports en commun, des deux-roues de toute sorte, jusqu’au fixie si vous avez une barbe, des lunettes et une chemise de boucher… Pour la voiture, c’est bouchons à volonté et temps de trajet interminables.

Pour ce qu’on appelle les périurbains, ou les banlieusards, là, la voiture électrique a tout son sens : à partir de 50/60km parcourus par jour, c’est à peu près ce qu’il y a de mieux. Silence, bonne vivacité, simplicité, tranquilité… Les VE changent la vie sur les trajets encombrés, tout en économisant de chers passages à la pompe. Et en procurant le plaisir de ne pas avoir à aller dans une station service pour faire le plein.
L’hiver a été rude, et le chauffage de la Ion n’étant pas des plus efficaces, et sans sièges chauffants, il m’a fallu bien m’emmitoufler cet hiver pour avoir assez d’autonomie pour rentrer chez moi sans mourir d’hypothermie. Mais à part ce petit problème thermique, le constat reste le même qu’au départ : la chaine de traction électrique est l’idéal absolu pour les déplacements domicile-travail, s’ils sont dans la bonne fourchette de kilomètres. Et même si la Peugeot Ion n’est pas une reine de beauté, elle fait oublier son allure quand vient le moment de la conduire, ou plutôt de jouer avec… La grande inconnue reste la durée de vie de ma batterie. Elément le plus cher de la voiture, c’est aussi le seul « consommable ». En attendant que l’on trouve une meilleure façon de stocker l’énergie, il reste la solution de la location des batteries : plus chère, mais rassurante si vous gardez longtemps votre voiture.

4 Commentaires

  1. Voilà un retour bien sympa…
    C’est vrai qu’on se demande toujours les limites de ce genre de véhicules..
    Merci !

    La Testa est aussi sur ma wish-list ;)

  2. Oui retour sympas
    Mais une petite question. Certes, on ne passe plus à la pompe avec un VE, mais quid de la facture d’électricité ? Quel est le « cout » à l’utilisation ?

    Et à ton avis quid d’une utilisation à « la campagne » ?

  3. @whoetbe : merci ;-)
    @Ben : la facture d’électricité n’est vraiment pas énorme : pour mes 70 bornes, je paie environ 11kWh, soit moins de 1,5€ par jour avec mon abonnement « tarif bleu » (en gros 1,30€). A toi de voir avec ton tarif. Si je passais en tarif jour/nuit, je paierais encore beaucoup moins…
    Et pour l’utilisation « à la campagne », comme je l’explique, tout dépend du kilométrage journalier moyen : trop peu, le jeu n’en vaut pas la chandelle, et si c’est trop, l’autonomie ne suit pas. Mais en général, les campagnards sont bien logés pour rouler en VE : kilométrage journalier relativement élevé, prise disponible à la maison, et voiture quasi indispensable… Un citadin n’a pas besoin de voiture, un campagnard, oui! Et je suis devenu relativement campagnard, je sais de quoi je parle!

  4. Merci Marc, pour les infos
    Je bosse chez moi, donc dans l’absolu je fais pas beaucoup de trajets journalier … Donc pas certain de « l’intérêt »

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