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Test Beosound Level essai
Une nouvelle enceinte multirrom chez B&O… Encore? Non, une nouvelle enceinte multiroom portable. Il n’y en avait qu’une, la Beosound 1. La Beosound Level vient l’épauler avec un design beaucoup moins spectaculaire, mais elle cache de beaux atouts sous ses aspects classiques…

Design
Alors comme ça, vue vite fait, rien de fou dans la Beosound Level, et je dois avouer que quand elle est sortie et que j’ai vu les photos officielles dans sa version avec grille en bois, je me suis dit que ça avait le charme d’une planche à pain et que Torsten Valeur, l’un des designers stars de B&O, n’était pas très inspiré. Et ce n’est pas complètement faux. Le design est complètement utilitaire, c’est presque du Dieter Rams tellement c’est épuré. Mais quand on réfléchit un peu aux produits B&O à travers le temps, on découvre que ce Beosound est l’aboutissement d’une longue lignée de radios et systèmes son portables : tout à commencé à la fin des années 60 avec la Beolit 1000, une radio portable fonctionnant sur batteries ou sur secteur au look très épuré. Cette ligne Beolit a vu son apogée en terme de design dans la première moitié des années 70 avec la Beolit 600, une version simplifiée de la Beolit 1000 mais avec les mythiques règles pour réaliser tous les réglages de l’enceinte. Le format rectangulaire, l’aluminium, certaines finitions luxueuses avec du bois (voire du cuir pour certaines), et la possibilité de connecter des sources externes… Les codes des Beolit se retrouvent dans le Level, en particulier la façon dont le cadre métallique n’est pas en contact avec la grille de l’enceinte (le cadre supérieur est d’ailleurs doté d’une encoche pour pouvoir transporter la Beosound Level du bout des doigts, comme on le faisait avec une Beolit). Et la légère inclinaison de l’enceinte d’aujourd’hui rappelle le Beosound 1 de première génération, un système audio complet (Radio, CD, prise auxiliaire) vendu au début des années 2000. Sauf que la Beosound Level peut en plus être positionnée à plat contrairement à sa glorieuse ancêtre.
Les contrôles tactiles du Beosound Level ont un petit côté rétro : finalement pas mal de boutons (4 pour les favoris personnalisables, 3 classiques play/pause – précédent – suivant, un bouton micro et une réglette de volume avec un bouton à chaque extrémité), tous sur une ligne noire rétroéclairée qui s’illumine quand vous approchez de l’enceinte. Ca rappelle des panneaux de contrôle de classiques B&O comme la Beocenter 9500 des années 90 et ses commandes façon plaque de cuisson, l’éclairage rouge en moins (ici tout est blanc).

Alors en résumé, oui, le Beosound Level a un design très simple et épuré qui a peut-être le charme d’une planche à pain, mais il fait référence à la grande histoire du design B&O, par son style, son ergonomie et ses matériaux. Et avec ce look, elle saura se faire très discrète.
Test Beosound Level essai
Ce que j’ai tendance à dire du design aujourd’hui, c’est que l’époque où le designer était celui qui devait faire ergonomique et beau est révolue. Le designer doit désormais penser impact environnemental, cycle de vie produit. Et Bang & Olufsen a frappé très fort avec le Beosound Level, à tel point que c’est la première et seule enceinte connectée à obtenir une certification C2C (Cradle to cradle) de niveau bronze. Ce que ça veut dire, ce n’est pas seulement que cette Beosound fait un usage responsable des matériaux, mais est aussi pensée pour réduire son impact sur son cycle de vie. Et la meilleure nouvelle dans tout ça c’est que la batteries est très facilement remplaçable (on enlève la face avant et on dévisse quelques vis pour enlever la batterie qui ressemble à celle d’un PC portable de l’époque où on pouvait changer facilement leurs batteries), et même la carte mère, qui est sur un module amovible prévu pour être remplacé au cas où une nouvelle technologie rende obsolète l’actuelle, plutôt que d’acheter une nouvelle enceinte. Ce dernier point reste à prouver, mais au moins l’intention est là (et il faut avouer que les technologies audio ont tendance à se stabiliser). Relativisons tout de même cet enthousiasme vert en se disant que si vous disposez d’une vieille chaine hifi des années 70, elle doit encore fonctionner sans problème et Spotify Connect, Deezer ou autre Airplay voire Chromecast sont à votre portée via l’ajout d’un récepteur à quelques dizaines d’euros sur la prise auxiliaire. La hifi a vu passer beaucoup de supports mais les fondamentaux restent.

Test Beosound Level essai
Performances
La première fois où j’ai lancé de la musique sur le Level, je dois avouer que j’étais assez perplexe, plutôt déçu. Je me disais qu’il y avait du volume sonore, du coffre, mais trop de basse, pas assez de précision. Alors j’ai un peu réfléchi à ce que j’avais fait de mal, parce que quand même, je suis habitué à mieux de la part de B&O. Je n’étais pas en bluetooth (j’utilisais Deezer hifi en intégré), donc ça ne venait pas de ça. Je me suis dit que j’étais dans des mauvaises conditions, ayant placé l’enceinte dans un coin de bureau… Mais une enceinte B&O a toujours été versatile depuis l’arrivée des Beolab avec ampli intégré et leur fameux bouton « libre/mur/coin ». Et là, je me suis rappelé que si je lançais la procédure de calibration de l’enceinte à la pièce, une petite merveille qui adapte le son en fonction du lieu, on verrait si mon souci serait corrigé. Il faut aller chercher cette calibration un peu loin dans les réglages de l’application, et hélas il faut que l’enceinte soit branchée à un chargeur pour que ça marche. L’enceinte émet donc un son qui va du grave à l’aigu et zou, la procédure est finie en une seconde.
Et là, tout a changé! Alors que l’enceinte est toujours placée dans son coin de bureau, les basses sont puissantes mais équilibrées, le son regorge de détails à tous les niveaux du spectre, il est naturel… La Beosound est une vraie enceinte hifi sans compromis. Si on prend en compte qu’on peut en appairer deux pour les utiliser comme un bon vieux système stéréo, on est presque au niveau d’une paire de Beolab (disons des Beolab 3 ou 17) de la marque danoise. Enfin à ce niveau si on évite de pousser le volume trop haut. C’est là la grande faiblesse de cette enceinte : elle manque de volume (physique) donc vous ne pourrez pas pousser le volume (acoustique) très loin avant qu’elle n’atteigne ses limites.
Et je pense que c’est comme une « vraie enceinte » que la Beosound Level doit se vivre : une enceinte apte à une écoute de qualité dans une pièce, mais capable de se déplacer de pièce en pièce, jusqu’à la terrasse. Une sorte de chaîne hifi mobile, à l’image du PC portable qui a remplacé le PC dédié dans une pièce, rien à voir avec une enceinte bluetooth qu’on balade n’importe où juste pour sonoriser un peu. Les vieux avaient le multiroom, les jeunes ont les enceintes nomades, et cette Beosound fait le lien entre les deux : la qualité sonore d’un multiroom et la mobilité d’une enceinte bluetooth. Et pour ceux qui sont amateurs de multiroom vous pouvez évidemment jouer de la musique de façon synchronisée sur le Level et les autres enceintes de la maison via Airplay 2, Chromecast ou Beolink, chose qu’une enceinte bluetooth ne vous permet pas.
Test Beosound Level essai
La capacité de l’enceinte à adapter sa sonorité en fonction de sa position (debout ou à plat) est aussi intéressante, même si la qualité de son est dégradée une fois l’enceinte à plat (on ne fait pas de miracle, un haut parleur est fait pour vous faire face), avec moins de détails et moins de profondeur. Cette capacité s’accompagne hélas d’une (courte) interruption de la lecture lorsque vous basculez d’une position à l’autre, mais rien de bien grave. Ce qui est plus dommageable, c’est que la prise de charge (ou les prises auxiliaires ou RJ45, toutes étant placées au même endroit) empêche de poser l’enceinte complètement à plat. Pour des spécialistes du design d’exception comme B&O, ça fait mauvais genre! Heureusement, l’enceinte dispose d’une très grosse batterie qui lui permet de tenir longtemps… Très longtemps : j’ai atteint plus de 11h avec un volume d’écoute normal (assez élevé, pas en mode « légère musique d’ambiance »), donc largement de quoi sonoriser vos pool parties jusqu’à l’aube!
Test Beosound Level essai
Les boutons tactiles sont sensibles et efficaces, mais il arrive fréquemment qu’on touche par erreur l’un des boutons lorsque l’on déplace l’enceinte avec sa poignée. Petite remarque sur les boutons tactiles. Si vous optez pour la version « non GVA » (Google Voice Assistant) du Level, les 4 boutons de raccourcis vous permettront de lancer une playlist ou une radio directement. Sur la version GVA, ces boutons peuvent servir de raccourci pour l’application Google home, et donc ils peuvent offrir beaucoup plus de fonction que la musique. Est-ce vraiment utile sur une enceinte mobile ? A vous de voir!
Test Beosound Level essai
La Beosound Level peut s’éteindre, et ne rien consommer, ou alors rester en veille « active » pour être joignable directement sur le multiroom B&O ou pour lire n’importe quel morceau. Elle est alors connectée en permanence en Wifi et ça consomme. Je déconseillerai donc de la laisser en veille active sans connexion secteur, car ce mode videra la batterie en seulement 16 heures environ, les fameuses 16 heures d’autonomie annoncée.
Test Beosound Level essai
Conclusion
Il y a deux façons de voir le Beosound Level. Soit vous le voyez comme une enceinte portable, et alors son tarif est en décalage avec ce qu’on trouve sur le marché, mais sa performance acoustique aussi. Soit vous le voyez comme une enceinte hifi tout court qui peut être utilisée comme système principal et même en paire stéréo et qui en plus peut se balader de pièce en pièce ou sur la terrasse ou le jardin, et là finalement, son prix n’est pas délirant. On peut résumer la Beosound Level à ça : c’est une vraie enceinte, et en plus elle est portable. Et ça la rend complètement unique sur le marché. Si par exemple vous pensiez opter pour un Phantom II de Devialet, la Beosound Level vous offrira un son plus riche, plus détaillé (mais fera moins trembler les murs) et plus de connectivité, et vous pourrez la déplacer de pièce en pièce ou dehors sans souci. La batterie remplaçable (et même l’électronique) est un vrai plus face à une concurrence qui parfois n’est même pas démontable.
Test Beosound Level essai
Les + :
+ Qualité de son
+ Qualité de fabrication
+ Autonomie très élevée
+ Batterie remplaçable
+ Charge en USB-C et galet magnétique
+ Possibilité de la configurer en paire stéréo
+ Certification IP54
+ Toutes les connectivités possibles : Airplay 2, Chromecast, DLNA, Radio B&O (qui remplace TuneIn), Beolink, Spotify Connect, entrée audio analogique et numérique, Bluetooth…
+ Connexion Ethernet disponible si vous êtes anti wifi
+ Disponible avec et sans Google Assistant intégré

Les – :
– Peut saturer assez vite sur des morceaux riches en basses
– Le mode veille active consomme pas mal : l’enceinte ne tiendra pas plus de 16 heures en veille sur batterie
– Port de charge à l’arrière : impossible de la poser à plat une fois branchée
– 3,3kg et plus de 40 cm de long : plus transportable que portable
– Mode d’emploi trop succinct par rapport aux possibilités (même en ligne les informations sont trop peu nombreuses)
Test Beosound Level essai