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diisign.com était à Milan grâce à la complicité de Lexus. Honneur donc aux Lexus design Awards pour ce premier article. Des design awards qui affichaient cette année un thème ambitieux : design for a better tomorrow. Entre un jury cinq étoiles, des mentors de rêve, et une sélection de finalistes à la fois variée et inspirante, retour sur un excellent millésime.


Être designer aujourd’hui, c’est un travail complexe qui dépasse des notions d’ergonomie et d’esthétisme pour aller chercher toutes les facettes de l’objet, de son impact sur l’environnement depuis sa création jusqu’à sa fin de vie. Designer pour un meilleur avenir, plus que l’objet d’un concours de design, ce devrait être le moto de tout designer.

Un petit mot sur le casting de ce concours : avec des mentors comme Jessica Rosenkrantz, Shohei Shigematsu, Sebastian Wrong et Jaime Hayon, les six finalistes (parmi 1548 candidats de 65 pays) ont été bien encadrés pour peaufiner leurs concepts. Les jurés de leur côté avaient tout de la dream team : Sir David Adjaye (Adjaye associates), Paola Antonelli (Conservatrice principale Département d’Architecture et de design du MoMA), John Maeda, (Technologue / Directeur international de Design computationnel et de l’Inclusion, Automattic), Yoshihiro Sawa (Designer, Président de Lexus International).

La grande gagnante, Lisa Marks, cochait vraiment toutes les cases : d’un point de vue responsabilité sociétale, son soutien-gorge conçu pour les femmes ayant subi une mastectomie est une belle idée. Réalisé sur mesure pour à la fois afficher un rendu esthétique symétrique malgré l’assymétrie de la poitrine (c’est vraiment impressionnant à voir en vrai) mais aussi pour éviter les frottements à des points sensibles, c’est un objet réellement utile esthétiquement, pratiquement et psychologiquement, pour aider les femmes à se reconstruire.
Mais ce n’est pas tout : la démarche de conception de ce soutien-gorge repose sur des recherches faites sur de la dentelle artisanale. La grande force de Lisa Marks a été de combiner tradition artisanale et technologie de pointe en développant une approche algorithmique de la création des motifs. Utiliser une technique traditionnelle et la propulser dans le 21ème siècle via l’apport de la technologie, c’est tout simplement génial!


Mais n’oublions pas les autres finalistes, car leurs projets ne déméritaient pas :
Baluto du Philippin Jeffrey E. Dela Cruz est une maison conçue pour flotter en restant solidement ancrée, pour protéger les peuples subissant de grandes inondations. Un concept que vous aviez déjà vu sur des maisons néerlandaises ? Peut-être, mais ce qui ressort de ce projet c’est sa pertinence, son économie de moyens avec une maison modulaire réalisée en bambou. Pour démontrer son concept, Jeffrey n’a même pas fait une maquette, il a construit une maison à l’échelle !

Green Blast Jet Energy du Russe Dmitriy Balashov fait partie de ces projets où l’on se dit « pourquoi on n’y a pas pensé avant? ». Simple turbine mobile qui se place à l’arrière d’une piste d’aéroport pour récupérer le puissant blast des avions au décollage, elle promet des performances intéressantes. Un concept à creuser face à l’explosion du trafic aérien, mais qui hélas risque de se heurter aux normes existantes (à priori on ne peut rien placer dans l’axe de la piste selon la réglementation actuelle).

Hydrus du Chinois Shuzhan Yuan est un objet plus complexe : destiné à récupérer le pétrole dans la mer suite à des accidents maritimes, cette sorte de torpille motorisée fonctionne en groupe pour encercler la nappe et récupérer les hydrocarbures. Une fois pleine, on vide son réservoir et on peut la faire revenir. Si le concept est intéressant, il reste beaucoup de questions quant à sa possible concrétisation : quelle est la taille du réservoir ? Comment séparer pétrole et eau ? comment disposer d’assez d’autonomie avec un réservoir suffisant ? J’ai peur que la réalité n’ai raison de cette idée…

Solgami de l’Australien Ben Berwick revisite les persiennes via un jeu d’origami complexe. L’idée est d’offrir un rideau qui va à la fois préserver votre intimité tout en augmentant la luminosité de la pièce via un textile recouvert d’encre métallique. En bonus, ce rideau d’un nouveau genre peut produire de l’électricité via des panneaux solaires intégrés. Intéressant, et peut-être pas complètement irréaliste.

Enfin Arenophile, le projet de la Turque Rezzan Hasoglu est celui pour lequel je suis le plus dubitatif : il s’agit d’un travail consistant à créer de nouveaux matériaux composites à base de sable du désert. Alors que le sable de mer est actuellement surexploité dans le monde et qu’on s’oriente vers une pénurie, le sable du désert n’est pas exploité car il n’offre pas les bonnes propriétés. Arenophile part donc d’une bonne intention : développer des produits à partir d’une ressource disponible. Mais c’est en utilisant une nouvelle ressource limitée. Et si on essayait plutôt de produire moins et mieux avec des ressources durables plutôt que d’exploiter les dernières ressources non exploitées?


Cerise sur le gâteau, à côté de l’exposition des projets finalistes des LDA19, Lexus présentait un impressionnant spectacle « Leading with light » autour de lumières, de robots et d’une danseuse… Un moment technologique et poétique dont vous pouvez avoir un aperçu en vidéo ci-dessus (désolé pour la qualité de la vidéo, j’ai fait ce que j’ai pu!) Le lien avec la technologie automobile se faisait à la fin, lorsque la future technologie de phares adaptatifs Lexus était présentée. Une belle cohérence entre le show et le produit, le tout imaginé par l’agence japonaise Rhizomatiks.


Encore merci à Lexus pour l’invitation, qui nous permet de vous offrir une série d’articles inspirés par les découvertes faites à Milan.