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Patrick Jouin Dassault TAMU chaise
Parmi les marques qu’on n’a pas forcément l’habitude de voir à Milan, Autodesk et Dassault Systèmes étaient presque voisins avec d’immenses installations dans le quartier de Tortona. L’occasion de découvrir comment la machine peut aider l’homme à créer à l’heure de l’intelligence artificielle.


Ambiance costume-cravate chez Dassault systèmes, une ambiance qui tranchait clairement avec l’aspect arty décontracté du reste des installations de Tortona. Leur stand s’intitulait « design in the age of experience » présentait plusieurs aspects de l’aspect informatique du design. Outre quelques démo pas franchement à tomber par terre (qui a besoin de personnaliser son robot tondeuse en réalité virtuelle?) une pièce exceptionnelle pas vraiment mise en valeur : la chaise TAMU de Patrick Jouin. Pas franchement belle vue de loin, on remarque en se rapprochant une structure paramétrique légère, comme une dentelle de plastique imprimé en 3D… Mais surtout, c’est sa cinématique de pliage qui est incroyable. C’est l’intelligence artificielle qui a ici permis d’obtenir un résultat propre avec une belle complexité de pliage.
Autodesk Elbo chair chaise
Quitte à utiliser l’intelligence artificielle, pourquoi ne pas tenter l’étape suivante : écrire l’avenir du design sans designer? C’est à cette question qu’essayait de répondre l’exposition mise en place par Autodesk. Les objets présentés avaient été développés par des intelligences artificielles et un algorithme génératif qui cherche à développer la meilleure architecture face à des contraintes données via la génération de plusieurs solutions itératives : de génération en génération, le design s’affine par une sorte de « sélection naturelle », mais contre toute attente l’éditeur avait choisi de paramétrer l’outil pour qu’il donne des formes organiques. Le résultat était étonnant puisque cette « finition » donnait un rendu plus naturel aux objets que ceux habituellement construits par l’homme. C’était bien visible sur les toutes nouvelles chaises Elbo et Nee (l’une produite par usinage de bois l’autre par fabrication additive métallique), ou sur le module d’atterrissage interplanétaire qui avait déjà été dévoilé en 2018.
Philippe Starck chaise Ai Kartell
Mais les designers semblent encore avoir leur place : entre les chaises Elbo ou Nee et la chaise Ai qui a été pensée selon le même principe mais sous la direction artistique de Philippe Starck qui voulait développer le moyen de reposer son corps (une chaise, donc) avec le moins de matériaux possible. La chaise Ai est la réponse de l’homme avec la machine, elle est éditée par Kartell. Pour le moment chacun est encore à sa place : l’ordinateur pour faire solide et beau, le designer pour rendre ça acceptable pour l’humain.

NB: diisign.com a été invité à Milan pour la design week avec la complicité de Lexus, cet article fait partie d’une série librement choisie et rédigée sans aucune influence de la marque.
Autodesk Space Exploration Lander