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Le New Majestic n’est pas qu’un superbe Art-Hotel, c’est surtout l’un des piliers qui ont fait le renouveau du quartier de Chinatown à Singapour. Second hôtel imaginé par Loh Lik Peng (juste après le 1929, situé dans la rue d’à côté, à quelques pas), le propriétaire visionnaire des plus récents Wanderlust (toujours à Singapour), The Waterhouse at South Bund à Shanghai ou Town Hall à Londres… A chaque fois que Loh Lik Peng place un hôtel, il choisit un endroit original en dehors des quartiers tendance, et à chaque fois, son choix transforme le quartier en must de la hype! On avait vraiment envie d’y séjourner. Alors on l’a fait.


Chinatown, c’est peut-être le quartier chinois où vous pourrez évidemment satisfaire votre faim de produits exotiques étranges, mais là où est posé le New Majestic, ce n’est pas ce Chinatown. Ici, vous êtes dans le Chinatown historique, un lieu unique où les immeubles de la ville laissent la place à de petites maisons coloniales qui s’arrachent à prix d’or. Pas étonnant que la jet set locale vienne passer ses soirées dans l’hôtel devant lequel s’amoncellent à la tombée de la nuit les Porsche et autre Mercedes. Les petits restaurants tendance s’alignent dans ces ruelles, mais ne soyez pas surpris d’entendre un cours de chant chinois traditionnel une fois la nuit tombée… Plus trendy que le Marais parisien, plus exotique que le Singapour commercial, ce quartier a un charme à part.


De l’extérieur, l’architecture est coloniale, le lieu semble conservé dans son jus, et seul le carré de gazon au relief géométrique laisse penser que quelque chose de nouveau se cache derrière ces murs. Une fois arrivé, on découvre un hall parsemé de classiques du design appartenant à la collection personnelle de Loh Lik Peng, avec un plafond totalement brut, sorte de stigmate apparente qui prouve que les lieux ont une histoire.

Dans les couloirs, une odeur, fraiche, apaisante et discrète nous fait immédiatement sentir chez nous, à la maison. Habitué à ce genre de choses, mais n’ayant jamais eu une telle sensation de bien être, je demande à la réception quel est ce parfum d’ambiance dans les couloirs de l’hôtel. On me répond qu’il n’y a aucun parfum d’ambiance, et que la seule chose que je sent, c’est l’air qui sort du ioniseur, la machine posée à même le sol dont j’allais demander l’utilité (ça ressemble à une sorte d’alimentation électrique, mais avec seulement une entrée d’un côté, et un ventilateur de l’autre)… Le ton est donné, on est dans un art hotel international, mais on est bien en Asie.


La piscine n’offre pas une vue spectaculaire comme d’autres hôtels de Singapour peuvent proposer, mais c’est une belle oeuvre en elle-même avec son dégradé de mosaïque du noir au bleu lagon, ainsi qu’un espace cosy plein de charme au fond duquel trois gros hublots vous permettront d’observer l’activité du restaurant juste en dessous. Une expérience qu’il ne m’avait pas encore été donné d’essayer!

Mais les chambres du New Majestic aussi sont à part. On ne parle pas de Art-Hotel pour rien. Nous avions choisi une vaste Aqua room, chambre à la décoration soignée signée Miguel Chew, un havre de paix nous laissant profiter d’une vaste façade sur rue avec son petit balconnet typique. A l’intérieur, les sculptures lumineuses en métal de Miguel Chew procurent un charme incroyable en plus d’une douce lumière. Originalité subtile : la tête de l’énorme lit est vitrée et donne directement sur… La baignoire/douche! Astuce qui en plus de conférer une grande modernité permet d’apporter un maximum de lumière naturelle dans la salle de bains. Tout est ouvert, c’est un régal (mais on peut toujours isoler la salle de bains grâce à un store).

Les autres chambres peuvent être plus originales, avec bien souvent une mise en valeur de la salle de bains, qui peut par exemple être constituée de deux baignoires jumelles en plein milieu de la chambre (Attic Cheshire Suite), ou plus conceptuelles comme dans l’une des 9 « design concept rooms ». Le choix est particulièrement varié, et, chose qui nous a le plus attiré, l’art ne fait que sublimer les lieux, sans créer d’ambiance oppressante ou trop décalée comme cela peut être le cas dans des Art-hôtels où l’univers de l’artiste prend le dessus sur la fonction première d’un hôtel.

Pas un nuage pour ternir ce tableau idyllique? Si, il y en a eu un. Si vous nous suivez, vous savez que Singapour est un vaste chantier où tout se démolis et tout se construit. Hélas c’était le cas à un pâté de maisons du New Majestic : un vaste chantier troublait la tranquilité de l’hôtel en journée. Et comme la sublime façade coloniale a été conservée dans son jus, son isolation acoustique n’est pas des plus modernes. Mais un petit mot sur notre table de chevet nous prévenait dès la veille de ce désagrément, accompagné de bouchons d’oreilles. Même quand ils ne peuvent rien faire, le personnel du New Majestic prend les devants pour tenter de toujours vous satisfaire!

On vous avais parlé des charmes du Naumi, je vous vois déjà me demander quel hôtel choisir entre Naumi et New Majestic… Faites comme nous : ne choisissez pas, tentez les deux expériences, totalement différentes mais tellement agréables… Et complémentaires.