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Lexus, on connaissait pour les berlines et les 4×4, on connaissait pour l’hybride… Mais Lexus pour une familiale compacte hybride, c’est tout nouveau, alors ça vaut bien un test. Voici la CT 200h, la petite Lexus hybride. (pour changer, les photos sont un peu moins glamour puisque uniquement prises par un iPhone au lieu de mon D300 momentanément indisponible…)

Design
Clairement, cette voiture a été dessinée avec les pieds par un mal voyant. Quel que soit l’angle où on la regarde, il n’y a rien à sauver. C’est toujours soit totalement insipide, soit carrément laid. La CT200h a le sex appeal d’une mégane de première génération, et on est en 2011…
On ouvre la porte pour découvrir l’intérieur, histoire de voir si comme on le dit, la vraie beauté est à l’intérieur, et… OOOooops! La poignée de porte intérieure me reste dans la main lorsque je referme la porte!! Incroyable, mais vrai, l’habillage en plastique doux tenait par un minuscule ergot qui a cassé. C’est à ce moment que je me demande si je suis bien dans une Lexus, le haut de gamme de Toyota, ou dans une Lada…

Et pour l’intérieur, finalement non, pas de beauté cachée, c’est pas beau, c’est cheap. Il y a des plastiques bas de gamme un peu partout, sauf sur la partie haute de la planche de bord et la casquette d’instrumentation, qui sauvent un peu la finition. Même s’il y a écrit Lexus sur l’emballage, la finition est digne d’une Toyota d’entrée de gamme.
Puisque le look n’y est pas, observons le côté pratique : les rangements. Et bien sur ce point la Lexus ne se rattrape pas non plus : seul les (horribles) porte-gobelets de la console centrale sont ce que j’ai vu de plus gros (et moche) sur le marché. La boîte à gants est minuscule, il y a très peu d’autres rangements et le coffre semble minuscule (alors qu’il est seulement petit…) à cause d’un double fond pas très pratique, sûrement pour lui donner une forme régulière à cause de la petite batterie placée derrière la banquette arrière.
La CT200h rate son examen de passage en statique, espérons que le dynamique sauve l’engin.

Performances
On appuie sur le bouton start, et, comme d’habitude sur une hybride, pas de bruit. D’autres émettent un petit bruit électronique pour dire que tout va bien, mais chez Lexus tout reste silencieux. Sympa, sauf pour les anxieux. C’est parti pour un petit tour sur les routes allemandes. Petit détail, la voiture comporte un sélecteur de modes : une grosse molette, à droite sport, à gauche éco, et si on pousse « milieu ». A sa gauche un petit bouton pour activer le mode électrique. Autant dire qu’il est inutile et anecdotique puisque à la moindre sollicitation un peu forte de la pédale d’accélération ou au dessus de 50km/h (officiellement, disons plutôt 30km/h lors de notre test), le moteur thermique démarre. En parlant de mode inutile, il faudra m’expliquer à quoi sert le mode « milieu » entre éco et sport… Soit on veut des perfos, soit les consos les plus basses, mais entre les deux, je ne vois pas. Interrogé à ce sujet, un représentant de Lexus me confirme mon impression, il n’y voit lui aussi aucun intérêt.

On reste dans la catégorie « sans intérêt » avec la conduite de l’engin, qui s’avère absolument décevante, insipide et désagréable, principalement à cause de la transmission continue CVT qui vous donne l’impression que vous êtes toujours un rapport en dessous de celui qui conviendrait. Du coup le moteur se fait souvent entendre. Vous allez me dire qu’en mode éco ce n’est pas le cas, mais non, quel que soit le mode, on a surtout du bruit, et pas beaucoup de puissance. Le moteur de la CT 200h est un 1,8l de 99CV (notons qu’ils ne l’ont pas trop poussé…), et clairement, la voiture est trop lourde pour lui, même avec l’aide du petit moteur électrique (d’une puissance équivalente à 68CV).

Passons vite sur les désagréments non mécaniques de la voiture : d’abord, je me suis retrouvé pour la première fois de ma vie avec un GPS qui me positionnait des kilomètres plus loin que ma position réelle. Ce GPS possède non seulement la plus horrible interface graphique du marché, il a en plus une logique très « PC » (seule son utilisation façon « souris » est plutôt ergonomique) où rien n’est à la place où on le trouve sur une autre voiture et où on passe son temps à valider.
Un dernier détail prouvant que décidément, cette voiture est pensée à l’envers : sur la console centrale trône le voyant airbag passager, qui, à l’inverse de toutes les autres voitures du marché, est allumé en permanence pour dire que l’airbag est actif (et donc qu’il ne faut pas placer de siège bébé dos à la route)! Incroyable…

Conclusion
Vous rêvez d’une compacte hybride? Ce n’est peut-être pas la voiture de vos rêves. Que ce soit son look intérieur ou extérieur, sa finition, sa conduite insipide, ou son espace, il n’y a rien pour sauver la Lexus CT200h. D’accord, elle peut consommer peu pour une essence, mais vu qu’elle est chère (on peut allègrement passer la barre des 40’000€ en choisissant la finition Passion), moche et qu’elle est aussi agréable à conduire qu’un âne mort, vous risquez de trouver bien mieux sur le segment ultra saturé des familiales compactes, comme un bon Diesel, dont le bilan écologique global ne doit pas être très en deçà de celui de la Lexus (mais le Diesel rejette plus de NOx, rappelons-le). Si vous voulez absolument une hybride, l’Auris HSD de Toyota reprend toute la partie mécanique de cette Lexus, pour un prix bien inférieur, alors autant choisir la version Toyota. De mon côté, je n’ai rien trouvé de plaisant dans cette voiture qui gagne donc la palme de la pire voiture essayée par diisign.com.

Les + :
+ consommation si vous y allez « comme sur des oeufs » avec la pédale d’accélération
+ silence en mode électrique (comme sur toutes les hybrides)

Les – :
– look (aussi bien intérieur qu’extérieur)
– finition (c’est la première voiture neuve dont la poignée de porte se brise dans mes mains)
– agrément de conduite nul, ou presque
– bruit du moteur thermique trop présent
– ergonomie des commandes
– coffre mal conçu, à étages, sûrement à cause de la petite batterie
– mode électrique trop limité (il est sensé fonctionner jusqu’à 50km/h, mais n’a pas voulu lors de mon test)


Le coffre semble minuscule…

Mais il a un double fond, il est donc simplement pas pratique du tout…

Tout ça à cause d’une toute petite batterie!


Notez l’énorme porte gobelet (ou plutôt « porte seau »)