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La crise est là, bien installée dans le paysage commercial. Alors comment réagir, comment trouver une voie permettant d’y échapper dans le design, la déco, l’ameublement? Écroulement des ventes inéluctable? Pas si sûr. Un consommateur qui fait attention à son budget est un consommateur qui passe plus de temps chez lui. Et s’il reste chez lui, il va forcément à un moment ou un autre, vouloir améliorer son petit nid.
Alors en période de crise, la tendance du fait maison va sûrement encore progresser de manière conséquente, c’est un marché déjà bien établi et en croissance constante. Alors les marques qui vendent des produits « finis » doivent trouver les créneaux qui marchent.

Slow design
Ce que je vais appeler slow design, je pourrais aussi lui donner le nom de neo luxury : les maisons clairvoyantes ont déjà bien compris que si l’on consomme moins, on a tendance à vouloir consommer mieux. C’est donc le retour d’un travail long et méticuleux, fait pour durer. Des objets qui vont nous coûter un bras, mais que l’on voudra pouvoir posséder toute sa vie, voire offrir à la génération suivante. En plus, cette manière de consommer tombe bien : c’est hyper écolo!

Quelques objets répondant à cette catégorie : les tables basses de Liana Yaroslavsky dont on a déjà parlé abondamment sur diisign, ou les bols de la collection New Danish Modern de Normann Copenhagen, une petite société danoise décidément bien dans le vent (ok, on en a aussi pas mal parlé ici, mais c’était juste parce que je n’arrête pas d’acheter des trucs chez eux!), dont voici une petite vidéo de l’étape coloration :

Vous voyez, quand je vous disais slow design! Tous ces objets sont issus d’un processus long et/ou complexe, rien à voir avec les objets design qu’on a connu jusqu’à présent.

New Authentic
L’étape suivante, c’est de revisiter l’authenticité pour offrir des designs intemporels, gage pour le consommateur d’une insensibilité aux modes passagères. Bien sûr il y a les valeurs sûres, l’authenticité, la vraie… Mais si on est jeune ou nouvel entrant, il faut savoir s’approprier des codes et savoir faires du passé sur des formes contemporaines, épurées, promesse pour l’acheteur de l’absence de lassitude.
Pas étonnant dans ce cas que de nouvelles petites marques osent se lancer sur le terrain de la qualité de finition et des savoirs faire ancestraux appliqués à des objets contemporains. Un exemple? La marque Lamont, toute jeune, qui emploie des techniques de fabrication artisanales encore maîtrisées en Thaïlande et quasiment oubliées en occident, pour concevoir des objets au design ultra épuré possédant un look intemporel, sortes de néo antiquités indatables. Les finitions à la feuille d’or, les surfaces habillées de galuchat ou de parchemin sont là pour offrir la différence qualitative propre à transformer ces objets de consommation en objets à conserver. Découverte au salon Maison et Objet, cette jeune maison qui se cherche encore un peu au niveau image remporte déjà un très gros succès dans les palaces asiatiques, et débarque tout juste en Europe. Néo antiquités? Pourquoi pas…

C’est donc le grand retour annoncé de matières que l’on pensait définitivement oubliées, simplement remises au goût du jour avec des formes contemporaines.

Local design
Autre voix du consommer moins, mais consommer mieux : réagir à la crise en consommant au maximum des produits fabriqués dans son pays, ou au moins en Europe… Sans s’enfoncer dans un nationalisme radical, il est vrai qu’acheter des produits qui font fonctionner l’économie locale constitue une simple et efficace façon de lutter contre la crise. Il n’est alors pas étonnant de voir les marques jouer à fond la carte du « made in France ».
Citroën, qui est devenue une marque extrêmement tendance ces derniers temps, n’oublie pas de signaler que sa nouvelle DS 3 (aux faux airs de Mini) sera fabriquée en France (contrairement par exemple à la 207, Française fabriquée dans les pays de l’Est… Mais c’est peut-être juste une réaction à la colère de notre président face à la délocalisation des productions françaises vers l’Est).

Autre marque, autre domaine, mais toujours un souci de produire des objets résolument tendances en France : la nouvelle marque de mobilier en matière plastique « Qui est Paul? » fabrique tous ses meubles en France, histoire de se différencier de ses concurrents établis qui ont délocalisé depuis longtemps hors d’Europe.

Un autre exemple : si vous êtes sur un marché saturé, et que votre produit ne sort pas du lot, le « made in France » peut vous sauver! Vous connaissez tous les énormes coussins FatBoy… En concurrence frontale avec Buffalo et Loftdesign, il faut aussi compter SitOnIt, inventeur historique de l’objet (ou tout du moins c’est ce qu’ils essaient de faire croire, à vérifier donc…) qui n’a pas la force marketing de FatBoy, utilise comme argument fort pour vendre ses produits, physiquement quasi identiques à ceux de son concurrent (une affaire de goût, de couleur et de finition), que la fabrication se fait en France…

Certains de nos confrères sentent la déferlante du Made In France arriver mais surtout s’installer durablement, comme Trendsnow, qui n’a pas hésité à lancer un nouveau magazine au nom évocateur : fabriquerenfrance.com.
Espérons quand même que ce mouvement ne va pas se radicaliser, histoire de ne pas faire ressurgir des réflexes nationalistes qu’on espère oubliés… Heureusement, le design rend les gens heureux et solidaires!

Pour résister à la crise, vous savez maintenant ce qu’il vous reste à faire!