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Chevrolet vient d’annoncer la version finale de la Bolt, un monospace compact complètement électrique qui devrait être vendu aux USA à partir de décembre, et plus tard en Europe sous blason Opel.

Souvenez-vous, GM : le géant de l’automobile américain qui n’a pas su voir venir la crise, un monstre spécialiste du pick up et du V8, qui avait encore les Hummer à son catalogue en 2009, obligé de vendre une grande partie de ses marques alors que Toyota grignotait de belles parts de marché avec sa Prius auréolée d’une aura écologique. En tant qu’Européen et bon français, gageons que vous n’aviez même jamais songé à acheter une des voitures de GM, dont les propositions insipides se retrouvent en bas des classements des ventes (à part peut-être l’Opel Adam qui réussit une performance honorable pour une copie de Fiat 500).
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Quel retournement de situation : les ingénieurs de Detroit ont réussi avec leurs mains pleines d’huile à griller la politesse à Tesla dans la course à la voiture électrique pour les masses.
Et oui, en 2013, Elon Musk, le pdg de Tesla, que l’on compare volontiers à Iron Man pour ses projets technologiques extraordinaires (il possède une compagnie de mise en orbite de satellites, veut révolutionner le transport avec son hyperloop, et envisage à priori sérieusement de coloniser Mars…) a annoncé ce qui deviendra la Model III : une voiture électrique « pour les masses » (à environ 35000 dollars) dotée d’une autonomie de 200 miles (soit environ 320km). Cette voiture est attendue pour 2017 et son look devrait être dévoilé au salon de Genève cette année.
Ces 320km représentent un seuil psychologique important : celui où tout un chacun va pouvoir prendre un véhicule avec le plein et ne jamais avoir à affronter la peur de l’autonomie dans des déplacements courants. Ce n’est peut-être pas encore la voiture pour aller en vacances (et encore…), mais pour tous les autres scénarios de la vie de 99% des gens, c’est une autonomie largement suffisante.
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Et ces 320km sont annoncés, voire dépassés avec la Bolt. Le tout grâce à une architecture nouvelle faisant un maximum de place dans le plancher pour des batteries de dernière génération produites par LG. La batterie de la Bolt totalise 60kWh. C’est très exactement le double de la toute dernière mise à jour de la Nissan Leaf (le véhicule électrique le plus vendu au monde) qui n’offre que 30kWh, et dont la nouvelle génération n’est pas attendue avant 2017 avec pas plus de 40kWh de batterie. 60kWh, c’est très exactement la capacité batterie de l’ancienne Tesla Model S d’entrée de gamme, une voiture de 5m de long et presque 2 tonnes qui se vendait assez bien (bien que le modèle 80kWh réalisait de bien meilleurs scores de vente à l’époque).
Difficile à croire, mais c’est bien GM qui a doublé Tesla, Goliath le vieux mastodonte dont on attendait vraiment plus rien qui réussit à franchir la ligne d’arrivée avant le jeune David sur lequel tous les investisseurs se tournent depuis plusieurs années.
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Et GM n’a pas oublié le plaisir de conduire électrique, malgré un look intérieur et extérieur assez insipide : le moteur de la Bolt a une puissance équivalente à 200ch, de quoi abattre le 0 à 100km/h en moins de 7 secondes, l’équivalent d’une belle sportive, et au passage mieux que la BMW i3, sans fibre de carbone pour alléger la structure, mais en atteignant une masse totale quasiment identique à la Volkswagen e-Golf malgré le surplus de capacité batterie.
Une fois que GM aura commercialisé la Chevrolet Bolt (à partir de 37500 dollars sans aide gouvernementale), difficile pour les autres constructeurs d’arriver deuxième avec une offre proche (Tesla qui du coup aurait une offre très conventionnelle pour un constructeur automobile de la Silicon Valley), voire de proposer des véhicules à autonomie « courte » comme la Nissan Leaf, la BMW i3 ou la VW e-Golf.
Well done GM, par contre n’attendez pas 2020 avant de sortir la version européenne…
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