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Nest, c’est d’abord un superbe produit, un thermostat intelligent qui sait chauffer la maison s’il détecte une présence, sait apprendre tout seul le planning optimal de chauffage, et est biensûr connecté pour pouvoir régler la température du domicile à distance, par exemple quand on est parti en vacances en laissant le thermostat en mode présent…
Est-ce que ça vaut 3,2 milliards de dollars? Pas vraiment, c’est en vente seulement aux USA (pour le moment) pour 299$. Et même avec le tout dernier détecteur de fumée de Nest, on ne va pas bien plus loin…


Le rachat de Nest pour 3,2 milliards de dollars permet surtout à Google de mettre une première brique dans le domaine de la maison connectée.
On l’a vu avec tout ce qui a été présenté au CES cette semaine, la course à la technologie ne se joue plus dans le domaine du PC (la bataille est depuis longtemps gagnée par Microsoft et Intel) ou dans le domaine de l’internet (bataille gagnée par Google) ou encore du mobile (bataille gagnée par Apple et… Google). La guerre se joue désormais dans tout le reste. Tous ces objets qui nous entourent et qui peuvent collecter des données sur nous tout en offrant des possibilités nouvelles.
Et cette bataille se joue d’abord sur le plan du hardware et du design physique avant de se jouer sur le plan des services connectés. Qui achèterait un thermostat moche et pas fiable? Il faut qu’il soit beau et fonctionne sans aucun souci, sinon à quoi bon rajouter des fonctions… Google a déjà racheté Motorola pour disposer d’un pied solide dans le hardware au niveau téléphonie, mais un peu tard.

La photo officielle de Matt Rogers (co-fondateur de Nest), Larry Page (CEO de Google) et Tony Fadell (CEO de Nest) pour le rachat.
Avec Nest, la société de Mountain View ne refait pas deux fois la même erreur, elle investit l’une des sociétés les plus porteuses dans le domaine des objets connectés, et surtout, une compagnie menée par un homme avec une vision, un homme qui sait poser les briques du futur de l’internet des objets, Tony Fadell, ancien employé d’Apple à l’origine de l’iPod. Lui et sa bande savent comment se dessine le futur de la maison connectée, un domaine qui semblait bien impénétrable à Google, géant de la pub sur internet qui a beaucoup échoué avec ses tentatives d’objets pour la maison (Google TV et Nexus Q en tête). En laissant les mains libres à Fadell et en lui permettant de financer les évolutions les plus ambitieuses de Nest, Google sait que la probabilité est forte pour que Nest devienne l’un des géants de l’internet des objets.
3,2 milliards de dollars, c’est beaucoup d’argent, mais Google n’a pas intérêt à manquer le virage des objets connectés, des objets qui en diront encore plus sur leurs utilisateurs que toutes les requêtes internet imaginables…