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Signée par Jean-Paul Lubliner, qui s’autodéfinit « art conceptor », la maison Starway to Heaven ne peut se définir comme un travail d’architecture, mais comme une oeuvre totale faisant intervenir l’architecture bien sûr, mais aussi le design, la technologie, l’écologie et l’art. A l’invitation du maître, nous avons accouru pour visiter cet appartement aux airs de maison totalement hors normes.
Dans cet espace luxueux s’étalent sur trois étages les technologies les plus modernes et les matériaux les plus tendances. L’immeuble complet a été réhabilité, nécessitant 2 ans d’études et 3 ans de travaux.
Ce qui frappe dès l’arrivée, c’est la vue dégagée qui s’offre à nous grâce à une immense verrière qui couvre les trois niveaux. On domine tout Paris. On a du mal à croire qu’avant cette réhabilitation, ce mur était totalement aveugle! A l’opposé, une autre grande verrière ouvre la vue sur le Sacré-Coeur.

Pour relier ces niveaux, Jean-Paul Lubliner a conçu un « Escalier du temps », escalier en colimaçon monumental dont l’axe est légèrement incliné. Les marches en verre s’éclairent au passage d’une personne grâce à des détecteurs de pression, mais il est aussi possible d’illuminer les marches en fonction de l’heure, l’escalier se transformant alors en une horloge, chaque marche représentant un segment de 4 minutes…

Le sol du premier niveau est quant à lui recouvert de Corian dans lequel sont dissimulées des LED faisant apparaître une ligne colorée ainsi que l’heure. Ce système est alimenté par des panneaux solaires sur le toit et est donc indépendant énergétiquement.

C’est dans ce premier niveau que l’on trouve une cuisine dont l’ilot central en Corian rouge habille l’espace. Au bas de la verrière, une banquette, là encore en Corian, possède un chauffage intégré pour limiter les ponts thermiques.
Derrière l’escalier, un mur de briques de verre tout en courbe sépare l’espace en deux et dissimule une chambre d’amis.

Plus haut, là où s’arrête l’ascenseur qui dessert l’appartement, on découvre l’espace de réception « Pop Art », un salon comme suspendu en lévitation au dessus de Paris, puisque son sol et de son plafond sont en partie vitrés.
Le sol est en résine auto-lissante. Au mur, une bouche signée Tony Selgi fait office d’aquarium virtuel (il s’agit d’un écran plat, pas d’un véritable aquarium). En face, un bureau noir en porte-à-faux au dessus du sol est planté dans le mur, hommage au monolithe de 2001, l’Odyssée de l’Espace.

Tout cet espace se transforme en une salle de cinéma grâce à un exceptionnel système 5.1 constitué d’enceintes transparentes à l’acoustique travaillée par Artech, calculées pour offrir un son d’une qualité irréprochable sans transmettre aucune vibration vers le voisinage. Un véritable coup de coeur.

Le troisième étage abrite une suite parentale « In the Heaven » dotée d’un spa hammam dont le sol est complètement vitré et donne sur l’étage inférieur. Côté rue, une douche hydromassante dispose d’une paroi en verre qui devient automatiquement opaque dès que l’on allume la lumière. Entre les deux, une étonnante sculpture de Tony Selgi représentant trois seins superposés dissimule des espaces de rangement, ainsi qu’une trappe permettant d’évacuer le linge sale directement dans la machine à laver… Mais ce n’est pas tout, puisque l’un des têtons cache la prise de l’aspiration centralisée !

Sur le toit, une terrasse offre une vue à 360° sur Paris, et des panneaux solaires permettent de fournir une partie de l’électricité de la maison.

Mais pourquoi son concepteur qualifie cette maison de « bio-communicante »? Tout simplement parce qu’elle vit au fil de la journée et des saisons grâce à une multitude de capteurs et d’automatismes reliés à un système domotique gérant par exemple la position des rideaux en lin sur la verrière en fonction de l’ensoleillement, mais aussi l’ouverture de la trappe donnant sur la terrasse pour ventiler l’espace, tout comme le puits canadien, installé pour la toute première fois dans une copropriété, connecté à une VMC double flux, qui prend son air depuis la toiture pour l’acheminer jusqu’aux caves, où la terre est à 12 degrés.
Les eaux de pluie sont récupérées et permettent d’alimenter les chasses d’eau, ainsi que l’arrosage automatique des jardins muraux, dont les plantes sont sélectionnées pour leurs vertus dépolluantes.