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Impossible de l’avoir râté, Free a lancé la Freebox Revolution, un grand pas en avant dans le domaine des Box Internet, qui permettra encore une fois à la France de marquer son exception dans le monde de la TV connecté avec un appareil ultra complet presque gratuit.
Côté technologique, c’est un sans faute, puisque ces nouveaux boîtiers démocratisent le Blu Ray, le NAS (appareil dont j’essaie de vulgariser l’intérêt pour les masses depuis un moment), et la bibliothèque vidéo tout en offrant une interface moderne qui n’a rien à envier aux ténors du genre, AppleTV, TviX et Popcorn Hour en tête. Clairement, avec cette nouvelle Freebox, les autres opérateurs seront forcés de s’aligner pour conserver leurs clients, et les fabriquants de lecteurs Blu Ray, boîtiers multimédia et autres périphériques pour TV peuvent oublier pour cette fois encore le marché Français.
Mais ce qui frappe le plus dans le lancement de cette nouvelle Freebox, ce n’est pas vraiment l’objet, c’est son marketing, qui s’éloigne définitivement des codes geek de Free pour un modèle ultracontemporain, mélange de toutes les petites choses à la mode :

-D’abord, le design est signé par un grand nom, et pas n’importe lequel, puisque cette Freebox est signée par le seul designer français (comment ça, j’exagère?) : Philippe Starck, sûrement pas très inspiré ce jour-là, la forme a tout de même le mérite de trouver une nouvelle solution au problème de ventilation des boîtiers. Côté télécommande, c’est le pompon, puisque à l’aspect cubique déjà détestable sur les très proches télécommandes de la gamme monolithe de Sony, le designer a trouvé bon d’associer une couleur grise des plus déprimante… Mais tout est affaire de goût. Le design de la nouvelle Freebox, ce n’est pas du style, ce n’est pas de l’innovation non technologique, c’est du marketing, tout simplement!
-La communication tarifaire devient presque aussi opaque que celle des autres opérateurs télécom : on nous fait avaler que le prix ne change pas, mais le dégroupage total qui passe en option est tout simplement une augmentation qu’on peut appeler générale, puisque la plupart des Freenautes sont dégroupés total, c’est d’ailleurs un argument de vente historique de Free. Cette augmentation est compensée de façon très maligne par du téléphone illimité vers tout les mobiles. Et c’est là un calcul marketing tout à fait pertinent : plutôt que de proposer une option téléphonie mobile illimitée à 6€ (plutôt une affaire), Free « impose » l’augmentation, la masque derrière un message « le prix n’augmente pas », et se fait pardonner par un « cadeau » communications illimitées. Belle réussite.
Là où ça devient plus vicieux, c’est quand Free affiche en tout petit dans un coin que la nouvelle taxe gouvernementale (que les dernières rumeurs estiment aujourd’hui à 3€, à suivre) n’est pas encore inclue dans ces nouveaux tarifs, elle sera répercutée ultérieurement. On atteint doucement l’abonnement à 40€.
-Autre élément marketing tellement actuel : lancement totalement inspiré d’Apple : secret absolu avant lancement, grande présentation produit avec emploi systématique de superlatifs (en même temps, le produit est pas mal…), disponibilité immédiate après présentation, vidéos de « stars » impliquées sur fond blanc (là encore, le superlatif et l’autocongratulation sont de mise), packaging réduit, installation simplifiée… On est plus chez le Free de Rodolphe, et ça se voit!

Produit marquant une réelle innovation, prix accessible, marketing efficace… Réussite totale, puisque l’événement est relayé partout (même ici!), et que les commandes suivent (vu les problèmes de connexion au site de Free le jour du lancement, il semblerait que le succès soit au rendez-vous…) Au même moment, Orange lançait la version 2 de sa Tabbee, contre-exemple parfait, démontrant à peu près tout ce qu’il ne faut pas faire.