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On savait que le design avait pris depuis un moment le chemin des matériaux naturels, c’était déjà une bonne chose. Sur cette édition de Maison & Objet, ce qui m’a frappé, c’est la bonne santé du design et de l’édition française. Du naturel fabriqué localement, rien de mieux pour la planète! Mais ce n’est pas tout. Le « designed in France » permet de promouvoir une multiplicité de créateurs. L’ère du France=Starck est bel et bien terminée. Les petits éditeurs font confiance à de petits noms sur des petites collections, les grands éditeurs gardent les grands noms pour les grandes collections, mais s’autorisent des collections « capsules » avec de jeunes créateurs (mention spéciale à Cinna qui a lancé le mouvement il y a quelques années avec leur excellent concours en collaboration avec Maison Française, et qui depuis fait croitre sa collection de nouveaux talents).


Puisqu’on a commencé par (re)parler de Cinna, un coup d’oeil sur leur superbe étagère Tolbiac, signée par Grégoire de Lafforest, qui a la bonne idée de s’écarter du mur, cherchant la troisième dimension qui manque trop souvent aux étagères trop rectilignes.

Ibride laissait tomber (enfin pas totalement) ses meubles zoomorphes pour autre chose… Hélas même si le projet est sympathique, permet de créer un peu de buzz et de faire connaître la société, peu de chances qu’il se vende bien : leurs chaises en trompe l’oeil, hommages à des classiques, offrant l’impression d’être dans le sens inverse de celui dans lequel elles sont vraiment, ne fonctionne qu’à un seul point de vue (voire même seulement en clignant un oeil… Exemple avec la Hidden Wagner ci-dessus).

Haymann, marque française qu’on avait repérée en 2012, élargissait sa collection et nous avouait que l’accueil réservé à leurs produits de l’autre côté de l’Atlantique était extrêmement positif aussi bien qualitativement que quantitativement. De mon côté, je craque pour leurs fauteuils Dartagnan, en bois recouverts d’une unique bande de cuir qui sert d’assise.

Super-ette, une autre maison d’édition très récente, présentait Homework, un bureau à l’architecture singulière imaginé par Tomas Kral (photo en tête d’article) : maintenue entre deux planches de frêne, une massive pièce de fonte d’aluminium permet d’offrir des rangements, entre sa goulotte pour ranger les objets, et plan incliné pour poser livres et tablettes…
a table de travail Homework de Tomas Kral est un sacré morceau proposé par Super-ette. Il est en effet composé d’un sandwich de frêne et de fonderie aluminium en une seule pièce, dont les parties relevées sont entièrement fonctionnelles : elles servent de pupitre pour poser des livres ou stocker des objets, stylos ou outils.

De son côté, Florence Jaffrain poursuit sa collection de mobilier régressif aux couleurs acidulées chez Younow, pour se vautrer plutôt que s’asseoir, cette fois-ci dans des poufs au look de ballons de baudruche géants.

Petite Friture étoffait sa gamme avec entre autre la chaise Market de Noé Duchaufour-Lawrance, plutôt ingénieuse avec son assise en liège compacté qui se sépare pour permettre l’empilage de plusieurs piètements. Une nouvelle façon d’empiler.

Et comment parler de design français sans mentionner notre chouchou Blackbody, qui reste le leader technologique de l’éclairage OLED? La gamme s’étoffe, entre pièces accessibles, dont une nouvelle lampe autonome Good Catch (ci-dessus), canne à pêche à laquelle est suspendue une plaque OLED (qui n’éclaira jamais l’endroit que vous désirez!), jusqu’à l’oeuvre d’art comme la surprenante table Lanka surplombée d’une palme éclairante, signée Thierry Gaugain, et conçue en collaboration avec les maîtres marbriers de Lanka Marine.

Personnellement, ce sont les multiples déclinaisons, en volume ou interactives, du lustre I.Rain, qui me fascinent (ci-dessous).

Dans l’univers du design, le « made in France » (ou à défaut, le « designed in France, made in Europe ») marche déjà très bien, favorisé par l’image de la France à l’étranger quand on parle de style et de décoration.