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Test Sony Reader PRS 505
Alors voilà, le lecteur de livre de Sony, simplement baptisé Reader (ou PRS 505 pour les intimes), est disponible dans tous les bons magasins… A la lecture de sa fiche technique (grand écran à encre électronique garantissant un contraste quasi équivalent à une page de livre, très fin et léger, autonomie énorme, sachant lire des ebooks téléchargés sur les sites dédiés mais aussi des PDF…), j’ai pensé qu’il avait un bon potentiel comme cadeau de Noël (à part un prix un peu élevé quand même : 299€, de quoi vous acheter un bon paquet de livres).
Mais en fait non : le pauvre Reader est handicapé par deux défauts majeurs :
D’abord, l’appareil n’est pas agréable à utiliser, il est extrêmement lent. C’est dommage et ça gâche franchement le plaisir de s’en servir. Ajoutez à cela une interface pas intuitive du tout (il est plein de boutons, je n’ai pas tout de suite trouvé le bon bouton pour tourner les pages : un comble), et vous vous retrouvez avec un appareil sexy en théorie, mais vraiment pas agréable en pratique. Les techno addicts ont déjà un Archos ou un iPhone pour lire leurs PDF, la cible de ce produit étant de grands lecteurs pas forcément fans de hi tech, le Reader risque d’avoir de gros soucis pour convaincre.
Le second défaut du Reader ne vient pas de lui, mais de l’écosystème de livres électroniques qui l’accompagne : je m’attendais à des livres téléchargeables à prix modique, puisque les livres n’ont qu’à être convertis dans le bon format directement depuis le fichier de l’auteur, pas de livre à imprimer et à distribuer, juste un fichier texte à envoyer aux distributeurs : grosse économie pour l »éditeur. Et bien non, les éditeurs ont choisi de conserver des prix à peine moins élevés que pour les version papier (en gros si le bouquin de vos rêves vaut 15€ en version papier, attendez-vous à le payer 14€ en version électronique). A en croire qu’ils n’ont vraiment pas compris ce qui s’est passé pour les grandes majors du disque, puisqu’ils tentent de reproduire le même schéma perdant!
S’ils maintiennent une telle politique tarifaire, mais que des lecteurs numériques commencent à avoir du succès, on peut être sûr que le piratage va prendre le dessus (il existe déjà plein de bouquins en pdf sur les réseaux P2P), et que ces grosses maisons d’édition vont avoir de gros problèmes pour survivre. On va nous faire croire que les utilisateurs tuent la création, on va essayer de mettre des internautes en prison « pour l’exemple », et pendant ce temps, les auteurs vont comprendre qu’ils peuvent vendre eux-même directement leurs livres en version numérique, sur leur site internet, gagnant ainsi plus d’argent que s’ils passaient par les réseaux traditionnels, tout en vendant leurs ouvrages à prix modique pour l’utilisateur final.
En résumé, s’il s’améliore dans une prochaine version, le Reader de Sony (et les autres, comme celui d’Amazon) pourrait faire entrer le monde du livre dans la nouvelle ère du tout numérique qui a déjà révolutionné l’univers de la musique et de la vidéo. Comme d’habitude, ce sont les distributeurs et les éditeurs qui vont pénaliser l’offre légale en proposant un schéma commercial digne du foutage de gueule, mais au final, cela ouvrira la voie à de nombreux auteurs qui deviendront célèbres alors qu’ils s’étaient fait renvoyer des maisons d’édition classiques.