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C’est l’été sur diisign.com, vous aurez remarqué que l’activité est un peu ralentie. L’occasion de prendre du temps et de se pencher avec un peu de recul sur deux événements passés. En juin, j’ai eu l’occasion de pouvoir comparer le parcours du design strasbourgeois avec les designer’s days parisiens. A première vue, les deux manifestations n’ont rien à voir. A la grandeur (et décadence?) de la version parisienne, où les plus grandes maisons font appel aux plus grands noms pour scénographier leurs showrooms (ici on peut parler de flagship) s’oppose une manifestation strasbourgeoise qui semble encore se chercher, regroupant en un espace réduit (la place Gutenberg et la CCI pour les connaisseurs) des réalisations d’entreprises locales. Mais derrière cette apparente opposition se cache un même but : utiliser le design comme une machine à créer de la croissance.

A Paris, les enjeux sont connus, on présente des success stories, des initiatives audacieuses (l’excellente idée du plus gros distributeur de « design » sur internet, Made In Design, de devenir éditeur/coéditeur) ou des projets d’étudiants qui n’ont plus de projet que le fait de ne pas être produits, tant les concepts sont aboutis (je pense notamment à ce qui semble devenir une tradition: les projets de jeunes designers pour Christofle, cette année sur le thème du cadeau de naissance, mais je pense aussi aux travaux de l’école de design de Nantes, exposés chez Dyson, où presque tous les projets méritaient d’être édités, tout simplement pour sauver des vies). Paris, capitale de la création, prouvait que la démarche design est devenu incontournable pour toute entreprise qui veut se développer.

A Strasbourg, le nom est trompeur : parcours peut-être mais la surface couverte par cette édition ne vous fera pas trop user vos chaussures. Selon l’un des membres de Innovation in design (prolifique agence de design alsacienne) qui m’accompagnait ce jour (merci encore Laurent!), je n’avais pas fait le déplacement pour la meilleure édition. Dommage, mais ce sera l’occasion de revenir…
A Strasbourg, contrairement à Paris, les showrooms ne participent pas pour le moment à l’événement : le parcours du design est l’occasion d’ouvrir les yeux des entrepreneurs et du public sur une discipline encore trop peu reconnue dans la région. Alors que des entreprises disposent de savoir faire uniques, elles n’ont pas le réflexe design. Trop traditionnelle l’Alsace? Peut-être, mais cet événement est l’occasion de prouver que les entreprises alsaciennes sont capables de produire de belles innovations. Des exemples? En tête d’article, une table de la collection Maia, de la société Un par Un. Ci-dessous, une colonne de douche tout intégrée designée par Innovation In design pour ADJ. On la verrait bien dans un intérieur brut façon Rough Luxe.

Ou encore ce banc en béton, apte à rajeunir n’importe quel espace public.

Dans un coin de la CCI de Strasbourg se trouvait aussi une très belle exposition sur les multiples dérivés du bois, une variété incroyable de matériaux mise en valeur par une scénographie originale. L’occasion pour les organisateurs de signaler qu’une matériauthèque est en projet en Alsace.
Le dynamisme de la région pourrait être décuplé par le design… En tout cas le potentiel est énorme. Il suffit de voir l’exemple de Saint Etienne qui mise beaucoup sur le design pour s’en convaincre.