[test] Nouvelle Smart Fortwo Electric Drive : la vraie Smart

Test Smart Fortwo ED 2017 essai
En 1994, Nicolas Hayek, PDG de Swatch, a fait un rêve : une petite citadine deux places complètement électrique. Le projet Smart, lancé avec le groupe Daimler, se heurte hélas à la réalité. Pas d’électrique, et des mentalités qui confinent longtemps la microcitadine à un marché de niche, dans un monde qui n’a pas encore compris qu’on peut être heureux avec une petite voiture. En 2017, après 3 générations assez confidentielles de Smart Electric Drive, le rêve de Nicolas Hayek semble prendre forme.

Design
Pour le design, rien, absolument rien ne caractérise la Smart ED de la Smart thermique (lire le test de la version cabrio ici), à part 2 stickers Electric Drive à l’avant et à l’arrière, et les logos ED sur les flancs. Sinon, vous pouvez relire notre test du cabrio, cette Smart est celle que vous croisez déjà dans les rues, le bruit et la pollution en moins.
A l’extérieur, on adore toujours le concept ultra compact, le look bicolore, les belles petites jantes, et on aime toujours moins le capot proéminent « compatible choc piéton ».
Si vous voulez vous démarquer, outre le programme Brabus Tailor Made qui fera de votre Smart un modèle unique personnalisé à la main, mais qui est aussi disponible en version thermique, il y a le pack Design electric drive qui vous offre une cellule tridion en couleur vert métallisé, pour que votre fibre écologique se voit de (très) loin.
Test Smart Fortwo ED 2017 essai
A l’intérieur, l’habitabilité est la même que sur les versions thermiques : l’intégration de la chaîne de traction électrique se fait de façon totalement transparente, comme à l’extérieur.
On aime toujours autant la finition textile de la planche de bord, et la qualité d’assemblage et des matériaux est très correcte : une signature du Made in France ? Peut-être, car sa cousine 4 places fabriquée en Slovénie n’atteint pas ce niveau de qualité perçue malgré un look compètement identique!
Test Smart Fortwo ED 2017 essai

Performances
On « démarre » cette Smart (à l’ancienne hélas, avec une clé), un simple bip pas très premium se fait entendre, et zou, on peut partir vers de nouveaux horizons, mais pas trop loin : la voiture affichait 157km d’autonomie par cette fraiche matinée toulousaine (6°C). Mais très honnêtement, c’est largement suffisant pour une journée normale de citadin ou même d’extra-urbain.
Pour ce qui est des sensations de conduite, Smart a fait le choix de ne pas troubler les utilisateurs de thermique : pas de conduite « à une pédale » comme la BMW i3, mais la sensation de conduire une thermique, le bruit en moins, le couple en plus : peu de régénération/frein moteur au lever de pied, et une sensation de conduite très « normale ». Le communiqué de presse précise que le radar à l’avant permet à la voiture d’optimiser en temps réel la puissance de régénération de la voiture en fonction des conditions de circulation (en gros : plus de frein moteur en trafic dense, plus de roue libre sur autoroute)… Et bien je dois vous avouer que je n’ai rien ressenti, alors on va dire que c’est bien fait puisque la conduite était vraiment naturelle.
Test Smart Fortwo ED 2017 essai
L’insonorisation est plutôt bonne, les bruits de roulement sont contenus, et ça compte pour une électrique, où le moindre bruit se fait remarquer en raison de l’absence de bruit moteur.
Smart ayant choisi de conserver la même monte pneumatique que sur la version thermique, sans passer sur des « galettes » comme pas mal d’électriques, ça se ressent sur la tenue de route une fois sorti de la ville : on peut aborder des courbes à allure rapide sans se retrouver dans le rail, malgré le gabarit de la voiture (plus haute que large), les batteries et leurs 160kg contribuant à abaisser le centre de gravité. La conduite est donc sécurisante, même sur voie rapide.Là encore, la version électrique devance la version thermique.
Si votre passion est l’accélération au feu rouge, sachez que cette Smart ED ne déçoit pas, et doit pouvoir facilement devancer sa soeur thermique Brabus sur les premiers (et souvent seuls) mètres d’accélération entre deux feux rouges, mais pour cela mieux vaut désactiver le mode Eco, qui rend la voiture un peu mollassonne une fois activé. Autant ne jamais conduire en Eco et garder le pied léger plutôt qu’activer ce bridage pas très utile.
Test Smart Fortwo ED 2017 essai
Notons la bonne surprise de la motorisation et de l’électronique de puissance : ces éléments proviennent des chaines Renault de Cléon, ils sont partagés avec la Zoé : encore du Made in France, youpi. La mauvaise est qu’on est donc limité comme pour Zoé à 22kW pour la charge « rapide » (en option, disponible seulement à l’automne), dommage (voir plus bas).
Côté batterie, même si les 17,5kW (Made in Germany par Accumotive, filiale du groupe Daimler) semblent peu, ils sont finalement très bien adaptés à cette Smart, qui n’est clairement pas un véhicule dédié aux longs trajets. La stagnation de la capacité entre deux générations s’accompagne d’une bonne nouvelle tarifaire puisque la version électrique se place (batterie incluse, Smart ne jouant pas la mauvaise plaisanterie Renault de la location de batterie sur un véhicule acheté) à un niveaux proche de la version thermique une fois le bonus déduit (les tarifs ne sont pas encore figés, mais l’entrée de gamme Smart Fortwo ED devrait se situer à 22950€ avant bonus). La petite taille de l’habitacle réduit les besoins énergétiques en chauffage ou en climatisation, et donc l’autonomie ne se voit pas lourdement impactée en conditions hivernales.
Seule la masse élevée de l’engin grève finalement les consommations (c’est aussi, voire encore plus valable sur la version thermique) : à presque 1100kg, on est pas loin de l’avant gardiste BMW i3 (en carbone et aluminium, ceci expliquant cela), et même au-dessus d’une Citroën C4 Cactus, des voitures de « taille normale »! Elle a décidément tout d’une grande, la Smart!
Test Smart Fortwo ED 2017 essai
Côté multimédia, le GPS est toujours aussi en retard sur votre position réelle, ce qui peut prolonger votre trajet de 15 minutes quand vous loupez une rue dans un coin rempli de sens uniques à Toulouse, par exemple (vécu).
L’interface toujours aussi peu réactive : non, les améliorations qu’on nous avait promises lors de l’essai de la version cabriolet n’ont pas eu lieu, on retrouve ces sensations de lenteur de la vieille navigation Renault, alors qu’on est sensés être dans un véhicule premium. L’absence de compatibilité CarPlay ou Android Auto pour corriger le tir en laissant faire son Smartphone est criante, et vraiment décevante sur ce micro premium en 2017.


Toujours au rayon du multimédia, gros souci : comme sur la version thermique, il n’y a qu’une seule prise USB disponible, mais sur aucun de nos modèles d’essai, il n’a été possible de charger un iPhone. La connexion au système s’établissait bien, mais jamais un éclair n’est venu s’ajouter devant la batterie… Etrange. Les ingénieurs de Smart n’ont quand même pas peur de l’impact de l’autonomie d’une charge d’iPhone?
Test Smart Fortwo ED 2017 essai
Alors que reste-t-il à la version thermique ? Franchement, rien… Sauf si vous avez un besoin imprévu de faire un peu plus de kilomètres : le chargeur « rapide » est plutôt un chargeur « accéléré » : avec ses 22kW, il vous faudra 45 minutes pour charger 80% de la batterie. Un bon vieux Chademo offrait la même charge en seulement 20 minutes sur une batterie de cette capacité… En 2010 (sur la Leaf par exemple)! Mais difficile de reprocher ça à une pure citadine comme la Fortwo… Pour la Forfour c’est peut-être moins acceptable.
Test Smart Fortwo ED 2017 essai

Conclusion
On avait adoré se balader en ville en Smart Fortwo cabriolet, en étant déçu par sa chaine de traction : finalement une fois la version électrique testée, on se demande pourquoi la version thermique est encore en vente. De l’autre côté de l’Atlantique, le problème est résolu : Smart devient après Tesla une marque 100% électrique. Ici, si vous êtes séduits par le concept Smart, autant le jouer à fond avec l’électrique, même si vous pensiez à la version Brabus (le souci sera uniquement de trouver où la charger, car en général quand on est Smart, on ne possède pas de garage). Le choix osé de ne quasiment pas toucher à l’autonomie du modèle précédent en rendant la version électrique plus accessible pourrait vraiment être payant et faire de cette motorisation un best seller.
Pour le reste, c’est une Smart, avec ses défauts : on voudrait des consommations en rapport avec son gabarit minuscule, on voudrait des phares full LED, on voudrait un système multimédia performant ou à défaut une compatibilité CarPlay… Mais en attendant, on a le jouet ultime pour circuler en ville.

Test Smart Fortwo ED 2017 essai

Les + :
+ 2,69m : le bonheur absolu en ville pour braquer et se garer
+ La motorisation électrique est vraiment idéale pour cet engin dont la version thermique déçoit
+ Disponible en cabriolet pour encore plus de plaisir
+ Malgré sa vocation citadine, elle reste sécurisante sur voies rapides
+ Le coffre n’est pas chauffé par le moteur, comme sur la version thermique
+ Made in France avec une finition qualitative

Les – :

– Au cas où vous l’auriez oublié, c’est une stricte 2 places
– Système de navigation lent et position GPS en retard
– Coffre minuscule
– Pas de charge plus rapide que 80% en 45 minutes
– Impossible de charger un iPhone sur sa prise USB
– Pas d’accès/démarrage sans clé
– Pas de phares full LED, même en option, décevant pour du premium
– Lourde pour une microcitadine (mais ça se ressent uniquement en consommation, pas en conduite)

Test Smart Fortwo ED 2017 essai

1 commentaire

  1. Ça donne trop envie de l’acheter cet article!
    Elle a de très jolies reflets.. ! belle vidéo 😉
    Merci

Trackbacks/Pingbacks

  1. [IAA 17] Quand l'Allemagne se met à l'électrique et que BMW fait la pub de Tesla. | diisign - […] il y a l’abandon par Smart de la motorisation thermique d’ici 2020. Enfin (je vous rappelle que la Smart…

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