[test] Smart ebike : mobilité urbaine 2.0


Signe des temps, Smart se lance dans tous les domaines de la mobilité électrique : après la Fortwo électrique (très bientôt commercialisée), c’est le vélo qui se dévoile. Sous une allure particulièrement sexy, est-ce que c’est notre moyen de transport du futur?

Design

Le ebike de Smart est le premier vélo électrique (d’une marque non confidentielle) qui a de l’allure. Face au reste de la production, ça fait plaisir. On sent que ce vélo est construit par des gens qui savent faire des vélos, puisqu’il est produit par Grace (qui fabrique le vélo électrique le plus performant du marché, avec le Specialized Turbo) : cadre bien fini, freins à disques hydrauliques Magura MT4, transmission par courroie carbone, 3 vitesses Sram intégrées au moyeu, poignées ergonomiques… Il y a de quoi faire un beau vélo « normal ». En plus de cela, la partie électrique est soignée : moteur de 250W intégré à la roue arrière, batterie 48V/423Wh
Mais il n’y a pas que l’allure et la technique qui comptent, il y a aussi le côté pratique. Et là, Smart a bien fait les choses avec la batterie la mieux pensée du marché : elle s’emboîte très simplement dans le cadre, s’enlève en tirant sa poignée verticale, se verrouille pour être à l’abri des voleurs, et se charge via un simple chargeur secteur. Quand on voit le niveau d’intégration et la facilité avec laquelle on manipule cette batterie (un peu lourde quand même), on se demande pourquoi les autres constructeurs ne font pas plus d’efforts.

Smart a reçu un prestigieux Red Dot award pour le design de son vélo, et on ne peut que le valider, puisque l’engin est bien pensé pour être à la fois beau et pratique.
Cerise sur le gâteau, le petit ordinateur de bord permettant de gérer les paramètres du vélo peut être complété (en option) par un dock pour smartphone (pas seulement iPhone) sur lequel une future application Smart permettra de lier le vélo aux fonctionnalités avancées de votre téléphone (navigation GPS, enregistrement des parcours, etc.)
Hélas, le Smart ebike hérite du principal défaut d’un vélo électrique : il est lourd. 26,1kg, ce n’est pas rien, car même s’il y a l’assistance électrique, le poids se fait sentir dans certaines situations (à l’arrêt ou quand on doit le porter par exemple…)

Performance
Le Smart ebike n’est pas le premier vélo électrique que j’essaie. Après avoir roulé sur des Matra ou des Peugeot, le constat est simple : pas de différence notable entre ces engins et ce nouveau Smart. Il est tout aussi agréable à utiliser, avec une assistance qui vous propulse vraiment à partir du moment où vous tournez les pédales, et ce jusqu’à 25km/h. Au dessus de cette vitesse, l’assistance s’arrête, mais vu que vous êtes déjà lancé, cet arrêt n’est pas franchement perceptible. Vous remarquez simplement qu’il faut un peu plus pédaler si vous voulez prendre de la vitesse…

Si vous voulez avoir une image de ce que peut être la conduite de ce genre de vélos, imaginez vous qu’en assistance maximale, vous avez en permanence l’impression d’être en légère descente, même dans les montées! Un petit coup de pédale, et vous êtes propulsé tranquillement.
Là où le Smart ebike se différencie, c’est dans sa large plage de réglage d’assistance : vous pouvez choisir 4 forces d’assistance et 4 forces de résistance, en plus d’une position neutre où le vélo devient « normal » (mais lourd). Autant vous le dire tout de suite : si vous utilisez ce vélo pour des trajets « utiles » (pour vous déplacer, par pour faire du sport), vous risquez de ne jamais quitter le mode maximal d’assistance, qui est particulièrement agréable, et offre une autonomie largement suffisante pour un beau trajet (je n’ai consommé qu’un « bâton » de la batterie en roulant une vingtaine de kilomètres dans Paris en assistance maximale. Seul défaut de ce mode : il vous propulse peut-être un peu trop rapidement dans des environnements urbains congestionnés. Alors pour ne pas rentrer dans la voiture qui vous barre la route, descendez temporairement au niveau 2 ou 3.

Les modes de résistance sont eux assez surprenant. Je n’avais pas encore expérimenté ce genre de mode plutôt prévu pour se défouler vite fait que pour recharger les batteries (mais ça fait les deux). En terme de sensations, imaginez que vous freinez en permanence… Essayé dans des descentes de la butte Montmartre, ce mode peut s’avérer utile pour conserver une vitesse tranquille tout en rechargeant sa batterie, si l’on reste au second cran. En résistance maximale, difficile d’avancer : vous pouvez vous mettre en danseuse dans les descentes! On réservera donc au final ces modes à ceux qui veulent utiliser le ebike comme engin de fitness pour se préparer à gravir le col du Galibier.
Mais rassurez-vous, pour recharger la batterie, pas la peine de s’essouffler en mode régénératif, puisqu’à chaque freinage de la roue arrière, le moteur récupère une partie de l’énergie.

Comme évoqué précédemment, le poids du Smart ebike est son principal défaut. Et ce poids élevé principalement dû à l’ensemble moteur/batterie à l’arrière a sans doute poussé les ingénieurs de Smart à équilibrer l’ensemble en sculptant une fourche, certes très belle, mais très lourde. Si vous êtes à un feu, attention à maintenir le guidon en place, sinon il risque de partir très vite de côté, entraîné par la masse de la fourche.
Au rayon des regrets, le réglage d’assistance placé au milieu du guidon oblige à lever ses mains, ce qui sur un parcours un peu accidenté (des pavés suffisent), et avec l’aide du poids de la fourche, peut vous envoyer par terre…

Conclusion
Smart croit au vélo électrique, et se donne les chances de percer avec cet engin avec un design à la fois séduisant et bien pensé. Certains diront qu’il est masculin, j’y vois plutôt un look sportif. L’équipement est soigné, et malgré un poids élevé (26,1kg), on se faufile aisément dans la circulation urbaine (vitesse d’assistance limitée à 25km/h), sachant que dans nos villes congestionnées, la vitesse moyenne en voiture ou scooter ne dépasse guère les 20km/h.

Smart part sur une bonne base pour nous faire passer du scooter, voire de la voiture, au vélo . Mais le prix élevé (2900€, soit presque le double d’un Matra) en regard de l’ergonomie de « l’ordinateur de bord » pas assez travaillée me font espérer que ces petits défauts de jeunesse seront vite corrigés dans une nouvelle version. Si vous voulez craquer aujourd’hui, sachez qu’il existe en deux couleurs : blanc avec des détails vert, et gris mat avec des détails orange.

Les + :
+ Design (beau, ergonomique, pratique : presque un sans faute!)
+ Equipement complet et haut de gamme (mention spéciale pour la courroie carbone)
+ Assistance réellement efficace
+ Autonomie de la batterie
+ Facilité de mise en place de la batterie
+ Gardes boue de série
+ Dock smartphone en option
+ Feux intégrés

Les – :
- Poids du vélo
- Poids de la fourche
- Ergonomie de l’ordinateur de bord : interface standard BionX au milieu du guidon
- Prix

2 Commentaires

  1. Bonjour Marc

    sympas et pas moche du tout
    Ca coute combien ce jolie « joujou » ?

  2. @Ben : bonjour, et merci de me faire remarquer que je me plains que l’engin est trop cher, sans donner son prix!! Article corrigé : 2900€, qu’elle que soit sa couleur ;-)

Trackbacks/Pingbacks

  1. Vanmoof 10 Electrified : un vélo électrique différent | diisign - [...] Le moteur est lui aussi très discret en comparaison à ce qu’on a déjà pu essayer chez Smart ou …

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