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Depuis le holdup réalisé par Nespresso sur les machines à café en remplaçant le café en grains par des capsules hors de prix, les inventeurs de tout bord ne cessent d’imaginer le prochain truc complètement inutile qui leur permettra de vous vendre à prix démentiel un produit qui ne vous coûtait presque rien, ou même un produit dont vous vous passez très bien. Stop!

LG et son HomeBrew
Faire sa bière chez soi est un truc à la mode, et c’est une occupation à la fois saine (ou presque, selon ce que vous buvez), ludique et instructive (et pas toujours couronnée de succès). De cette activité, les ingénieurs de LG veulent faire un produit : ça s’appelle le LG HomeBrew et vous l’aurez compris, ça marche avec des capsules : une fois les composants essentiels de la bière choisis via des capsules, l’eau ajoutée, la machine s’occupe de tout et vous permettra de profiter de 5 litres d’une bière brassée « maison » au bout d’environ 2 semaines.
Au final, ça sert à quoi ? A rien, évidemment !
Vu que l’engin est verrouillé pour l’usage exclusif d’un système de capsules, impossible de vraiment personnaliser quoi que ce soit, à part l’eau que vous mettrez dans la machine. Vous dépensez donc une machine (sûrement chère, il y a beaucoup de technologie à l’intérieur), des capsules, de l’eau, de l’énergie et beaucoup de temps pour obtenir un résultat quasi purement industriel à la maison. Autant s’acheter une bonne bouteille de votre bière préférée, avec toutes les micro brasseries qui fleurissent partout, vous êtes sûr de trouver votre bière idéale plus rapidement qu’en essayant de la fabriquer avec cette machine inutile!

Le pire : les capsules de parfum d’intérieur!
La palme de l’inutilité vient (cocorico!) d’une startup française, Artiris Parfum, qui a imaginé une machine évoluée appelée Compoz mélangeant des capsules d’huiles essentielles pour diffuser un parfum d’intérieur et vous transformer en « DJ du parfum » selon eux, en nez pour les autres. Risible. Entre la diffusion de molécules qui n’ont rien de sain dans votre intérieur, le fait que, de façon incroyable, une startup américaine soit déjà positionnée sur le même créneau (Moodoo de Agan Aroma), ou encore le prix irréel (800€ la machine – à comparer aux 129€ de Moodoo – et de 11 à 50€ la capsule, protégée de la réutilisation par un système NFC)… Si ces horreurs trouvent un marché, on pourra clairement conclure que la civilisation est en train de s’éteindre. Artiris espère conquérir le marché de l’hôtellerie alors que Moodoo s’adresse prioritairement aux particuliers.

Derrière ces initiatives (on pense aussi à la machine Juicero qui était l’un des flops les plus retentissants de ces dernières années), plus que les inventeurs, ce sont les investisseurs qu’on peut blâmer. On dirait qu’il suffit d’un powerpoint où son écrits les mots « luxe » et « capsule » pour arriver à lever des fonds permettant de développer des machines toujours plus inutiles, toujours moins écologiques.
Je n’ai qu’un seul espoir (utopique?) : que ces concepts de machine à capsules soient les derniers présentés à un CES…

Crédit photo dernière image : Artiris Parfums