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Capture One 04
J’ai fait partie du lot d’utilisateurs d’Aperture abandonnés par Apple. Avec des besoins largement supérieurs à ceux d’iPhoto ou désormais de Photos, mais étant plutôt « utilisateur expert » que véritable photographe,

Au début je me suis dit « ok, et bien je vais devoir passer sous Lightroom, comme tout le monde ». Et puis finalement, j’ai découvert que Lightroom n’était pas la seule solution. Il y a aussi Capture One, un logiciel danois qui comme son nom l’indique est né plutôt pour la prise de photo « temps réel » mais a évolué en alternative sérieuse à Lightroom. J’ai eu l’occasion de jouer avec les deux pendant un peu plus d’un an, voici mes conclusions d’amateur photo éclairé.
Lightroom-01
Look & feel
Venant d’une application Mac signée Apple, la première chose qui choque chez Lightroom, c’est le look très « vieille application Windows » qui se dégage de ces boutons gris au faux relief et de cette structure assez peu ragoûtante. L’impression de ne pas tourner sous un logiciel optimisé Mac reste hélas présente pour toutes les occasions. L’exemple le plus frappant est la gestion du plein écran qui ne reprend pas les API Apple mais qui propose un fonctionnement indépendant. Ce n’est pas un vrai handicap, mais on sent un peu une gêne à l’usage quand on a des réflexes Mac.
Du côté de Capture One, c’est tout l’inverse : le look de l’appli est purement Mac, le fonctionnement reprend les API Apple, donc on se sent un peu plus « à la maison » au premier contact.
Avantage Capture One
Lightroom-02
Récupération de la base Aperture
Les deux logiciels proposent fort heureusement un moyen de récupérer l’intégralité de votre base de photos Aperture, mots clés et modifications comprises. Selon la taille de votre bibliothèque, le transfert pourra mettre plusieurs heures (voire dizaine d’heures), mais bon, c’est une opération que vous ne ferez qu’une seule fois.
Dans l’histoire, Lightroom a un avantage par rapport à Capture One : il sait aussi afficher les visages et les lieux de prises de vue, choses inconnues de son concurrent.
Mais face à cet avantage plutôt « gadget », Capture One répond avec un argument massue : là où les photos modifiées par Aperture font l’objet de doublons édités « en dur » chez Lightroom, Capture One prend en compte les modifications en natif, comme si vous les aviez faites avec ce logiciel, avec quelques réglages modifiés. C’est vraiment agréable et permet d’oublier complètement qu’on a changé de soft lorsqu’on revient sur des « vieux » développements RAW.
Avantage Capture One
Test Adobe Lightroom
Au quotidien : vitesse
Nouvelle surprise : je trouve la vitesse de Lightroom et Capture One décevante par rapport à mes habitudes sous Aperture. Il faut noter que je travaille avec une base de donnée en local et des originaux sur un NAS connecté en gigabit ethernet. Dans cette formule un peu plus exotique que d’avoir la base et les originaux en local ou en USB (mais sûrement assez courante vu le succès des SSD sur les ordinateurs et des NAS pour les épauler), et avec une bibliothèque active d’un peu plus de 40000 photos, Capture One peut mettre jusqu’à plusieurs minutes avant d’afficher une bibliothèque fonctionnelle sur du matériel un peu ancien. Lightroom ne va pas jusqu’à cet extrême, on sent que la bibliothèque est plus le cœur de métier de ce logiciel, mais il souffre de ralentissements fréquents.
Avantage Lightroom
Test Adobe Lightroom
Au quotidien : interface
Un photographe, c’est en général plutôt quelqu’un de créatif. Alors ça fonctionne comme un créatif. Corrigez-moi si je me trompe, mais pour moi, la philosophie de l’interface Lightroom est totalement incompatible avec un fonctionnement mental de créatif, avec ses cloisons bien délimitées entre module bibliothèque et module de développement. Chez Aperture, mon fonctionnement était toujours de parcourir la bibliothèque en mode « matrice » pour éditer de temps à autres une photo, ou en noter une autre. Ce fonctionnement « décloisonné », je peux le reproduire avec Capture One, alors que dans Lightroom, je dois d’abord choisir le module dans lequel j’aurai le « droit » de faire ce que je veux : on passe son temps à passer de la Bibliothèque au mode Développement. Vraiment pas efficace quand on compare aux panneaux complètement personnalisables de Capture One.
Avantage Capture One
Test Capture One 9.1
Au quotidien : bibliothèque/catalogage
Comme je le disais au chapitre des performance, on sent à l’usage que la bibliothèque est arrivée sur le tard chez Capture One alors que c’est l’une des fondations de Lightroom. Plus réactive, plus fluide, importation un peu plus rapide… Lightroom n’est pas un modèle de fluidité, mais il distance Capture One au rayon catalogage, parce que ce dernier est vraiment poussif. La disponibilité de la reconnaissance de visages et de la localisation géographique finissent de donner un avantage à Lightroom.
Avantage : Lightroom
Capture One test
Au quotidien : développement photo
On attend deux choses de ces logiciels : un catalogage efficace et un développement photo permettant de tirer le meilleur de ses prises de vue.
Sur ce dernier paramètre, il faut bien dire que les deux applications sont au coude à coude. Entre le côté « j’ajoute des fonctions spécialisées » de Lightroom (avec par exemple l’un des tout derniers modules pour retirer le voile atmosphérique, aux résultats qui ne m’ont pas émerveillés) et l’approche « tu as tous les outils en main pour faire du bon boulot » de Capture One, j’ai tendance à privilégier la seconde (par exemple en corrigeant un peu la saturation, on se débarrasse tout aussi bien du voile atmosphérique). Mais ma préférence va un peu plus loin : j’ai l’impression que j’arrive à obtenir un résultat satisfaisant plus rapidement avec Capture One. Outils plus calibrés pour plaire à mes yeux ? Effet de l’interface plus Apple et moins segmentée ? Aucune idée, mais j’ai vraiment l’impression de pouvoir arriver à mon objectif plus directement chez Capture One.
Du côté de Lightroom, j’apprécie beaucoup la bibliothèque fournie de profils d’objectifs pour les corrections optiques, une fonction bien présente sur Capture One, mais où les objectifs « de pauvre » comme les Tamron, n’existent tout simplement pas.
Possible avantage Capture One, mais c’est personnel
Lightroom-test
Bugs
Après avoir connu des soucis de corruption de base de données avec Capture One 8 (heureusement corrigés), je n’ai franchement pas de souci avec Capture One 9 au quotidien. L’application est plutôt stable… Mais vu les événements passés, je ne saurai trop vous conseiller de procéder à des sauvegardes de vos bases.
Du côté de Lightroom, j’ai été surpris de bugs récurrents, comme par exemple un inévitable plantage de l’application si je l’avais laissé tourner avant une mise en veille de l’ordinateur. Assez peu sérieux pour un monstre du logiciel comme Adobe.
Désavantage Adobe pour le coup sur les dernières versions de ces deux logiciels.
Capture One test phase one
Conclusion : ma préférence à moi
En conclusion, même un an après, j’ai encore un peu de regrets de la fin d’Aperture, parce que même si Lightroom et Capture One permettent d’obtenir des résultats plus simplement, quelques détails sur chacun d’eux étaient mieux réalisés par Aperture. Mais je ne ferai pas de chemin en arrière, tant on sent que ces logiciels savent faire plus et plus rapidement, et ma préférence se porte sur Capture One : venant d’Aperture, on est dans un terrain plus connu, plus Mac, mais surtout, je n’arriverai jamais à me faire à l’interface cloisonnée de Lightroom. Pourquoi Adobe met des barrières là où il n’y en a pas besoin ? Les panneaux personnalisables de Capture One sont une solution bien plus efficace pour organiser son flux de travail que des onglets qui bloquent dans des pans presque imperméables d’interface.
Je trouve aussi qu’il est plus rapide d’obtenir un résultat un peu plus agréable à l’œil avec Capture One qu’avec Lightroom. Peut-être que c’est l’effet placebo de l’interface plus Mac, mais je me sens vraiment plus à l’aise en bidouillant une photo sur le logiciel danois.
Lightroom présente pourtant une meilleure gestion des grosses bibliothèques que Capture One, qui peine beaucoup trop à l’ouverture des albums… Mais il faudrait une refonte en profondeur de l’interface pour que je me mette à préférer Lightroom. Tout le monde n’aura pas le même avis que moi, et c’est tant mieux, mais après avoir essayé les deux logiciels, je me demande un peu pourquoi la position de Lightroom est si dominante dans le monde de la photo amateur. Reste une mauvaise nouvelle quand on vient d’Aperture : ces deux logiciels sont beaucoup plus chers que les 70€ que demandait Apple à l’époque où Aperture était commercialisé.
Lightroom-test adobe