[test] C4 Cactus : retour aux sources de Citroën

C4 Cactus Citroën
Dire que j’attendais le test de C4 Cactus est un doux euphémisme. Cette Voiture marque un nouveau tournant dans l’histoire de Citroën : nouveau design, nouveau positionnement. Petite révolution chez Citroën, qui pourrait prendre des airs de raz-de marée chez les autres constructeurs si la stratégie s’avère payante. En route pour la Hollande, patrie du père d’André Citroën, pour un essai en profondeur, histoire de faire la part des choses entre coup marketing et vraie innovation.


Design : un extérieur ludique…
Elle est reconnaissable cette Cactus. Rien de commun avec le concept car de 2007 (qui a par ailleurs bien vieilli…), mais des lignes simples, des arrondis un peu partout « comme un galet poli par l’eau » selon ses designers, une calandre minuscule, presque aussi insignifiante que sur certains concepts électriques, un toit flottant, un petit « aileron de requin » à l’arrière du flanc pour lier cet objet à certains codes de style Citroën, tout comme les feux diurnes en sourcils très fins détachés des phares. Et bien sûr, il y a les Airbumps, ces pans de plastique mat qui ornent les flancs de l’auto, un peu façon jouet, un peu comme pour placer ses doigts pour recharger cette énorme voiture à friction… Mais une trouvaille vraiment utile en fait, et qui donne un petit plus de personnalisation qui devrait ravir pas mal de clients, aussi bien pour le côté fun que pour le côté pratique. Non pas que vous allez éviter tous les accros de carrosserie, mais ça permettra d’éviter le principal : les coups de portière des voitures garées à côté de vous. Attention à ne pas se méprendre, les zones en plastique assorties aux Airbumps à l’avant et à l’arrière ne sont pas des Airbumps, elles sont dures.


Les vitres arrières sont fixes, certains le regretteront, de mon côté j’ai essayé : si besoin, je peux ouvrir une lucarne avec mon (long) bras depuis le siège conducteur pour créer le petit courant d’air avec une vitre avant, que j’apprécie par temps printanier (une vingtaine de degrés, comme sur ce test). Comme la climatisation est efficace, on apprécie au final le supplément de style apporté par ce choix de ne pas placer de vitres coulissantes à l’arrière, la voiture y gagne son allure épurée.

…Et un intérieur minimaliste
Une fois entré dans Cactus, on change de monde. On oublie le côté fun (à part l’esprit banquette des sièges, beaucoup plus évident si vous optez pour la boîte robotisée, mais hélas vous serez peu nombreux à le faire), et on salue la vision Citroën de l’essentiel. En fait, en ôtant tout accessoire inutile (je n’aurai pas dit non à un aérateur passager supplémentaire, mais je peux vivre sans), la marque au chevrons se rapproche étonnamment de l’intérieur de… La BMW i3!
Pas de compteurs, un simple (trop simple peut-être) écran LCD affichant la vitesse et les avertisseurs indispensables (alertes véhicules, jauge d’essence, etc) sous la forme d’une tablette. Un grand écran tactile de 7 pouces trône sur un cylindre de quelques boutons, les seuls du véhicule sauf si vous rajoutez ceux de la boîte robotisée. La grande boîte à gants qui s’ouvre par le haut (grâce à l’airbag placé dans le pavillon) est un plaisir avec sa poignée chromée très qualitative et ses finitions façon bagagerie. La planche de bord est recouverte d’un plastique moussé très qualitatif (plus que celui d’une i3 pour le coup) doté d’un grainage réussi et proposé dans des couleurs agréables (gris, havane ou violette). Clairement, je suis fan de cette planche de bord. C’est moderne, tous les éléments superflus ou obsolètes ont quitté les lieux, ne restent que les éléments indispensables traités un peu comme le mobilier d’un salon. Vous êtes dans votre canapé, votre iPad posé sur une console épurée, vous n’êtes plus vraiment dans une voiture.
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Un défaut? Sûrement le volant (par ailleurs très beau) non réglable en profondeur pour certains gabarits aux bras courts et aux jambes longues, mais sinon, c’est un quasi sans faute aux places avant. Aller, je vais citer le toucher des sangles (on ne parlera pas de poignées) de portes trop plastique, pas agréable. Passez chez votre cordonnier pour remplacer ces sangles par du vrai cuir!
On notera simplement qu’un frein à main électrique aurait ajouté au côté zen et simple de la voiture, car si vous optez pour la boîte manuelle, il se trouvera sous le repose coude, comme sur une C3, et si vous optez pour la boîte auto, il prend la forme d’une énorme poignée qui se ferait presque passer pour un levier de vitesse.
A l’intérieur aussi, le choix des vitres arrière fixe a un avantage : les portes arrières disposent de rangements assez spacieux (permettant d’y mettre 2 bouteilles de 1,5L, selon le communiqué de presse). Mais le coffre n’est pas oublié avec 358L (à comparer aux 350L du Peugeot 2008 ou aux 251L du Renault Captur… Ou encore aux 408L d’une « vraie » C4).
Mais quand on veut fortement charger le coffre, le gros point noir de Cactus à mes yeux se fait ressentir : impossible de disposer d’une banquette fractionnable. Vous pourrez donc choisir entre aller chez Ikea à 3 personnes et y acheter un meuble à deux personnes maxi, mais pas les 2. Ou alors aller au ski en couple mais pas en famille… Ou alors avec un coffre de toit pour les skis (les barres de toit feraient d’ailleurs une belle paire de skis, si elles étaient amovibles!). Tout ça pour gagner 6kg. C’est pour moi le seul choix « essentiel » fait par Citroën auquel je n’arrive pas à adhérer. Cette banquette fractionnable existe sur la plateforme (pour le 2008 au hasard), alors pourquoi ne pas la proposer en option? On a bien le droit de choisir un toit vitré qui alourdi l’engin de 35kg, on peut faire avec les 6kg de surpoids de la banquette…

Downsizing à tous les étages
Pour faire des merveilles en consommation théorique, on connaissait déjà le downsizing moteur : un petit moteur permet de sortir pas mal de puissance, et tant que vous ne le sollicitez pas trop, sa consommation reste raisonnable. L’idée dans la Cactus, c’est de faire la même chose avec la plateforme : au lieu d’être basée sur la plateforme 2 (ou BVH2) du groupe PSA, plateforme de la C4, cette auto repose sur la BVH1, celle de la C3. Et ça marche, puisque l’habitabilité de la Cactus est presque au niveau d’une C4, mais pour une masse inférieure à la tonne. Cette masse réduite, c’est justement le pilier qui fait fonctionner l’alchimie du downsizing : grâce à elle, les petits 3 cylindres Stop & Start ne sont pas poussés à bout, ils respirent un peu, et permettent d’atteindre des scores de conso rarement vus sur ce segment (mes conso personnelles ne sont pas très représentatives vu les routes empruntées, mais bon : 5L en Diesel et 5,8L en essence, c’est beau).
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Performances
Outre une consommation maîtrisée, la masse réduite permet d’obtenir une belle agilité malgré des puissances moteur contenues :
le Diesel 92ch est déjà suffisant pour le quotidien (mais à quoi bon opter pour un Diesel avec des consommations si réduite?), autant dire que le petit THP 110 propulse très agréablement la bête. La boîte robotisée, trop connue chez PSA pour ses performances décevantes (importante rupture de couple au passage des rapports, lenteur…) reste la grosse erreur de conception de cette Cactus. Pourquoi? Parce que le design global de l’intérieur appelle à opter pour une boîte automatique (vous gagnez les sièges avant façon banquette et la commande moderne par simples interrupteur (D, N et R, pas de mode P, histoire encore de simplification!), qui en plus est parfaitement adaptée aux codes de confort et de simplicité de la voiture. Mais sauf si vous êtes adeptes d’une conduite très tranquille (pépère?) et sage, ses défaut vous feront regretter ce choix. Vraiment dommage. On peut comprendre ce choix en se disant qu’une « vraie » boîte auto, ou une boîte à double embrayage (hélas toujours absente de la gamme PSA) aurait pesé un peu trop dans le bilan masse de Cactus, mais quand même, le bilan agrément y aurait très fortement gagné.
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Du côté de la tenue de route, difficile de faire un bilan très détaillé, les routes des Pays Bas manquant un peu de piquant, mais on peut remarquer que Citroën est revenu à un tarage très confort des suspensions. Pas de défaut majeur à part un peu de roulis dans les virages (pas de pompage à noter au passage d’irrégularités, on n’est tout de même pas dans une 2CV), ce typage nous rappelle qu’une Citroën n’est pas une Peugeot, et c’est tant mieux, il y en a de nouveau pour tous les goûts chez PSA. Les sièges ultra confortables renforcent la cohérence de ce choix, et c’est au final une voiture ultra agréable à conduire à une allure normale, qui a du répondant quand on la sollicite un peu. Seul bémol sur la route : j’ai trouvé les bruits de roulement un peu trop présents dans l’habitacle, mais pour le segment, ça reste acceptable.


Notons enfin que la dotation en gadgets technologique est étonnamment complète : font donc partie de l’essentiel pour Citroën en 2014 (pas forcément en série tout de même) : régulateur/limiteur de vitesse avec, et c’est nouveau, une interface pilotable au volant mais aussi très efficacement à la tablette tactile (on clique sur le panneau de limitation que l’on veut suivre et c’est réglé), caméra de recul, parking automatique (c’est plus étonnant car pas encore indispensable pour grand monde), aide au démarrage en côte, détecteur de pluie et phares automatiques, ou indicateur de pression des pneus. Rien ne manque pour vous? Personnellement, j’aurai complété le tableau « voiture zen » avec l’accès et démarrage sans clé et le frein à main électrique automatique.
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Conclusion
La Cactus est présentée comme une révolution pour son côté essentiel, une voiture quasi low cost mais dotée de tout l’équipement « nécessaire » au conducteur moderne. Il faut relativiser. Oui, la Cactus est abordable. Si l’on considère son préfixe C4, on pense que la publicité dit vrai. Mais si l’on considère son gabarit, on remarque qu’elle propose des prix proches de 2008 ou Captur, ses concurrentes directes. Alors, simple tournure publicitaire?
Non, car le résultat est bien là : moins d’une tonne et des moteurs modernes économes pour atteindre un coût d’usage ultra bas, un style extérieur sans équivalent et un intérieur qui bouscule les codes établis… On est dans une voiture différente de toute la production actuelle, valorisante, avec un énorme capital sympathie qui nous a valu quelques pouces levés à notre passage. Citroën n’a jamais été plus proche de l’esprit de ses débuts qu’avec cette C4 Cactus, et ça fait vraiment plaisir, même si certains critiqueront le manque d’options permettant de faire de cette Citroën une auto plus haut de gamme.
Le C4 Cactus, au final, c’est un peu le look sympa, moderne et décalé un peu à la façon Mini Countryman, mais avec un prix d’achat plus que raisonnable, et des motorisations frugales (aidées par une masse réduite au maximum) qui offrent un coût d’usage très bas. Cactus est donc proche du sans faute dans un univers automobile qui manquait de piquant.
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Les + :
+ Ligne originale très réussie
+ Bonne habitabilité
+ Intérieur qui démode la concurrence
+ Finition très correcte
+ Prix bien positionnés
+ Confort

Les – :
– Boîte auto décevante
– Banquette arrière non fractionnable
– Certains équipements risquent de vous manquer
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1 commentaire

  1. Bonjour,
    Nous aurions apprécier une position de conduite plus haute .
    Peut être que le modèle « Baroudeur » offrira cette caractérisrique .

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